" Il ne sera pas possible de créer de la valeur sur des placements de taux purs "

A l’occasion du colloque Fidroit, Philippe Baillot, Professeur associé, Paris II a livré sa réflexion sur l’incidence de la pyramide des âges pour les CGP. Il est entre autre question de fonds euros et d’assurance vie.

Pour Philippe Baillot, la pyramide des âges à l’horizon 2050 indique que la crise démographique est en train de s’aggraver. Les régimes de retraite par répartition vont connaître une crise technique, ce qui se traduira par une augmentation des cotisations, un recul de l’âge de départ à la retraite ainsi qu’une diminution des prestations dues.

Cette situation est l’occasion pour les métiers de la banque privée de se positionner aux côtés des séniors en insistant sur la nécessité de capitaliser et de valoriser une épargne sur une très longue durée. A 60 ans, un couple a une espérance de vie supérieure à 35 ans.

Un important effort de pédagogie sera nécessaire car « plus les clients sont âgés et plus ils sont frileux à la prise de risque », alors qu’une prise de conscience doit porter sur une réallocation de leurs stratégies patrimoniales. Par exemple, les fonds euros ne constituent plus un gage de sécurité pour l’épargnant et il est question de se positionner davantage sur les placements plus risqués de type actions dans une réflexion de long terme. « Le fait d’acheter du private equity n’est pas une prise de risque si on a bien conscience de son horizon de placement. Un horizon de 10 ans, ce n’est pas un risque mais une création de valeur. A l’inverse, sur des horizons longs, le fonds euros constitue un risque donc il faut prendre conscience que, à l’avenir, il ne sera pas possible de créer de la valeur sur des placements de taux purs ».