Un choix responsable pour son épargne

Stéphanie Allory, Directrice de l’Offre Financière de l’UFF
Le label « France Relance » a convaincu ceux qui souhaitent investir dans l’économie réelle. Mais il n’est pas l’unique dispositif pour atteindre cet objectif

La période de crise sanitaire qui se prolonge aujourd’hui serait à l’origine d’une « surépargne Covid » qui, estimée à près de 160 milliards d’euros, a fait grimper le taux d’épargne en France à 21 %. Cette manne financière est à mettre en comparaison avec d’autres données économiques relevées sur la période 2020-2021 : selon l’OFCE, les entreprises ont encaissé près de 90 milliards d’euros de pertes  (2) dans leurs fonds propres et, de leur côté, les administrations publiques ont absorbé 80 % de la perte de revenu totale de l’économie sur la même période (3). Dans ce contexte, la mobilisation de l’épargne des Français au service du tissu économique français est un enjeu primordial.

Afin de flécher l’épargne accumulée par les Français sur les deux années écoulées, le gouvernement a lancé en octobre 2020 son label « France Relance », qui offre une garantie claire aux épargnants : si un fonds ou un produit est labellisé, c’est qu’il finance de façon significative les PME et ETI françaises.

Par ailleurs, les fonds labellisés doivent embarquer un ensemble de critères Environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG), incluant le suivi d’une note ou d’un indicateur ESG et excluant notamment les activités charbonnées.

Le label a vite convaincu les épargnants tout comme les sociétés de gestion (22,4 milliards d’euros d’encours et 201 fonds labellisés, à début octobre 2021 (4)). Il faut rappeler toutefois que bon nombre de fonds labellisés « France Relance » existaient déjà avant sa création, notamment à la suite des débats autour de la loi Pacte. Pour autant, le label a permis de faciliter la lisibilité de l’offre financière pour les épargnants.

Il associe cette lisibilité à une forte transparence quant aux performances et à l’utilisation des fonds. Il est en effet assorti d’une obligation de reporting annuel détaillé, pour permettre à l’épargnant de connaître précisément les entreprises et le secteur dans lesquels il a investi son épargne.

Investir dans la relance et dans l’économie réelle ne se limite pas uniquement au label « France Relance ». L’épargnant a également à sa disposition des outils tels que : les Fonds d’investissements de proximité (FIP) et les Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI). Les premiers sont destinés à financer des Petites et moyennes entreprises (PME) situées dans une zone géographique limitée (quatre régions limitrophes maximum), alors que les seconds s’orientent vers les entreprises qui consacrent une part importante de leur chiffre d’affaires à la recherche et au développement. Pour aller encore plus loin dans la diversification, tout en s’assurant de la bonne répartition de son épargne, il est également possible d’opter pour les Sofica (Société pour le financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle) ou les groupements forestiers (GFF/GFI).

 

Des projets concrets

Ces différents placements ont plusieurs avantages en commun pour celui ou celle qui souhaite investir dans l’économie réelle. Ce sont des solutions d’investissement locaux, clés en main, qui évitent à l’épargnant de se positionner sur une seule entreprise, réduisant ainsi la prise de risque. De plus, à l’instar du label « Relance », ces placements offrent une très bonne visibilité sur la destination des fonds. Au sein d’une Sofica, les fonds mobilisés devront servir à financer des projets cinématographiques ou audiovisuels très variés dans les 12 mois qui suivent la création de la société, garantissant un déploiement rapide de l’investissement.

Il faut toutefois garder à l’esprit que ces placements nécessitent de mobiliser son capital sur une longue durée, de huit voire dix ans au minimum, dans la mesure où ils représentent une épargne de long terme et non de précaution.

Ce sont aussi des placements qui bénéficient d’avantages fiscaux non négligeables, qui permettent de compenser la prise de risque et le blocage du capital.

Il faut donc les considérer comme des briques pour la construction de son patrimoine. Accessibles et abordables, ils permettent à l’épargnant de prendre part à l’économie locale, à son rythme et selon ses convictions.

 

(1) (2) (3) Données de l’OFCE

(4) Chiffres du ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance