Primonial joue la carte des infrastructures

Son nouveau fond euros allie infrastructures et obligations investment grade

Le fonds euro fait de la résistance. Début juillet, Primonial en a lancé un nouveau, Sécurité Infra Euro, en partenariat avec Oradéa Vie. Sa particularité : être investi pour moitié en obligations corporate et pour l’autre en infrastructures.

L’adossement du fonds euro à une classe d’actifs plus risquée, qui doit améliorer le rendement du contrat, n’est pas nouveau et s’inscrit dans une tendance de marché. « Même s’ils sont majoritairement investis en obligations d’Etats, les fonds euro commencent à se diversifier depuis quelques années, avec notamment de l’investment grade, de l’immobilier et du private equity », explique Latifa Kamal, directrice du développement produits chez Primonial.

Les infrastructures en particulier font une entrée remarquée dans l’assurance vie. Plusieurs offres y proposant une exposition ont été lancées récemment : partenariat Allianz France & Meridiam en janvier, GF Infrastructures Durables de Generali France en juin ou encore Amundi Energies Vertes en juillet. Des produits éligibles à l’assurance vie via des unités de compte (UC), là où Primonial se démarque en proposant la classe d’actifs au travers d’un fonds en euros.

« Cela permet de lisser les inconvénients liés à la classe d’actifs infrastructures, notamment la taille nécessaire pour atteindre un niveau de diversification sur des projets de grande ampleur, détaille Martin Alix, directeur adjoint du développement produits chez Primonial. Il ne faut pas non plus oublier que certains projets peuvent avoir des enjeux politiques ».

De par la nature des fonds euros et son lancement récent, difficile de connaitre précisément la composition du portefeuille de Sécurité Infra Euro. La poche infrastructure ciblera principalement des projets en transport (parking, aéroport…), télécommunications, énergies conventionnelles et renouvelables ainsi que le traitement des eaux. Elle sera investie dans des projets et/ou sociétés d’infrastructures, ainsi que des parts de fonds d’infrastructures. Pour sa part, la poche obligataire contiendra des obligations de type investment grade uniquement (rating moyen « A »).

 

Duo gagnant

C’est la complémentarité entre ces deux classes d’actifs qui devrait permettre d’atteindre la garantie en capital nette de frais de gestion. « La partie investment grade sert à réduire le risque et à assurer une certaine stabilité, précise Martin Alix. Les actifs infrastructures ont vocation à dynamiser le potentiel de rendement de Sécurité Infra Euro grâce à leur résilience vis-à-vis du contexte économique et leur capacité à générer des revenus réguliers ».

Il est vrai que la classe d’actifs bénéficie d’une croissance très forte en France. Fin 2019, les encours sous gestion s’élevaient à 71 milliards d’euros selon France Invest, soit une collecte de 15,6 milliards d’euros (+7 % par rapport à 2018)(1).

Sécurité Infra Euro n’est pour l’instant commercialisé qu’à travers la gamme de contrats d’assurance vie Target+. L’investissement en fonds euro est limité à 60 % du contrat et celui dans le nouveau fonds  à 30 % du total de l’investissement (dans la limite de 1 million d’euros). Objectif affiché : surperformer les fonds euros traditionnels.

De la diversification et des alliances avec des classes d’actifs plus risquées, deux pistes pour aider le fonds euro à trouver un nouvel élan.  

 

(1) Étude « Activité des fonds d’infrastructures », France Invest & AFG, mars 2020