PER : une solution efficiente pour améliorer la retraite des avocats

Par Aymeric Champeil, président, et Christophe Olivier, directeur général de MyPension
Aymeric Champeil et Christophe Olivier

Quel que soit leur mode d’exercice (indépendants, collaborateurs, associés ou salariés), les quelques 70.000 avocats des barreaux français relèvent du régime autonome de retraite de la Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF). Même si ce ratio est en dégradation constante depuis 2007, ce régime bénéficie d’une démographie favorable avec près de quatre cotisants par bénéficiaire. 88% des nouveaux retraités partent sans minoration, mais au prix d’un départ en moyenne à 65,4 ans (63,2 moyenne française), voire d’un cumul emploi-retraite. Près de 50% des nouveaux retraités ne cessent pas leur activité (et cotisent alors à fonds perdus). La durée moyenne de service de la pension (hors réversion) est de 16 ans, en progression de 2,8 ans en 20 ans. De fait, la CNBF a accumulé en réserve 4,2 années de prestations pour le régime de base - malgré le versement de compensations à des régimes en déséquilibre démographique - et 5,9 années pour le régime complémentaire. La gestion financière des actifs a rapporté +12,4% en 2019 grâce à une part importante d’actions (34%).

L’ombre de la réforme des retraites

Le régime de base est particulièrement solidaire avec une cotisation proportionnelle au revenu net jusqu’à un plafond de 297.549 euros pour une prestation fixe annuelle de 17.255 euros pour un taux plein. Les conditions d’obtention du taux plein en termes d’âge et de durée de cotisation sont les mêmes que pour le régime général. Le régime complémentaire prévoit quatre classes de cotisations pour acquérir plus ou moins de droits, mais 81% des cotisants choisissent la classe 1 la moins chère (et la moins protectrice). Le ratio valeur de service / coût d’acquisition du point ressort à 9,68%, ce qui est largement plus efficace que les 5,75% de l’Agirc/Arrco. En revanche, le taux de réversion n’est que de 60% pour le régime complémentaire CNBF contre 100% pour l’Agirc/Arrco. De fait, la santé insolente du régime des avocats ne peut que faire des envieux et la réforme des retraites fait peser une menace à la fois sur l’intégration des réserves au régime général et sur une forte augmentation des cotisations

Le PER en ligne de mire

Seule une épargne retraite individualisée par capitalisation permet d’échapper aux déséquilibres des systèmes par répartition. C’est aussi l’opportunité pour l’avocat de reprendre le contrôle de ses investissements ou d’en confier la gestion financière à un gérant privé, au sein d’un véhicule de capitalisation fiscalement efficace. Il maîtrise ainsi ses options de sortie : en capital ou en rente avec un choix individuel du taux de réversion.

Les nouveaux PER remplacent les contrats Madelin qui ne sont plus commercialisables depuis le 1er octobre 2020. Toutefois, les détenteurs de contrats Madelin peuvent continuer à les alimenter.

Les nouveaux PER permettent en particulier une sortie en capital (en une fois ou fractionnée) au moment de la liquidation des droits à la retraite en lieu et place de la rente. Les conditions de sortie anticipée sont élargies en particulier à l’acquisition d’une résidence principale. Ces nouvelles enveloppes sont aussi librement transférables avec une indemnité maximale de 1% les cinq premières années. Le PER accompagne ainsi le souscripteur tout au long de sa carrière, y compris s’il exerce plusieurs métiers sous des statuts divers (salarié, indépendant…). Enfin, le souscripteur peut interrompre les versements sur un PER alors que les Madelin prévoient un minimum obligatoire.