L'épargne change de paradigme

Par Hugues Aubry, membre du comité exécutif de Generali France en charge du marché de l’épargne et de la clientèle patrimoniale
L’épargne de demain sera durable, locale, utile et visible dans le quotidien des Français
Hugues Aubry, membre du comité exécutif de Generali France en charge du marché de l’épargne et de la clientèle patrimoniale

La crise sanitaire du Covid-19 nous projette avec force dans un monde différent. Cette crise a touché l’économie réelle en son cœur avec une ampleur et une soudaineté inimaginables. Pour nous, assureurs, la gravité de la crise causée par le confinement et ses impacts multiples, nous renvoie à notre responsabilité d’intermédiaire essentiel entre le quotidien des Français et la sphère financière, entre la création de valeur et le financement de l’économie. Responsabilité d’autant plus difficile qu’elle se combine à un changement structurel avec des taux d’intérêts très bas, voire négatifs, qui impactent durablement nos actifs. 

La crise du Covid-19 accélère notre évolution indispensable vers un nouveau paradigme pour l’assurance vie. Elle constitue aussi une formidable opportunité pour déployer au plus vite l’épargne de demain. Les assureurs auront un rôle majeur dans la construction du monde d’après comme garants du temps long et du financement de l’économie réelle. C’est le chemin sur lequel nous sommes engagés.  Nous avons une responsabilité pour connecter l’épargne aux besoins des économies en nous fondant sur des critères de développement durable. L’épargne de demain sera durable, locale et utile. Elle sera visible dans le quotidien des Français qui, de plus en plus, aspirent à donner du sens à leurs investissements. L’épargne de demain répondra à un double projet sociétal et économique : elle créera du mieux vivre ensemble et de la valeur à long terme. Elle permettra de concilier l’intérêt individuel d’une épargne performante et l’intérêt général d’une économie soutenable grâce au financement des bâtiments de demain, de nos infrastructures, ou encore du tissu de nos PME et ETI. 

Mais permettre au plus grand nombre de contribuer au financement de la relance économique, c’est relever trois grands défis :

- Démontrer que l’investissement en unité de compte répond efficacement à la triple exigence de l’épargnant : performance, liquidité et protection. Les chiffres récents de collecte et d’arbitrages indiquent que la transformation culturelle est maintenant engagée.

- Accompagner les épargnants dans le financement de leurs projets grâce à l’élargissement de la palette des supports d’investissements et des modes de gestion. Cela implique de renforcer la relation partenariale entre les réseaux et les épargnants en plaçant le devoir de conseil en son sein. 

- Garantir à nos clients la pertinence de leurs choix en rendant accessibles des supports jusqu’alors dédiés aux institutionnels, dans lesquels nous investissons nos propres actifs et nous assurons la liquidité. Nous leur offrons le meilleur de nos expertises, en alignant nos intérêts aux leurs, gage de création de valeur à long terme.

Je suis convaincu que cette reprise s’appuiera sur les assureurs focalisés sur la création de valeur sociétale et que seul le temps long renforcera nos structures face à des risques de plus en plus complexes, voire systémiques. 

Les assureurs doivent être les partenaires de cette croissance respectueuse de l’environnement et solidaires des tissus économiques locaux. C’est une question de conviction, de responsabilité, et avant tout de soutenabilité de notre métier d’assureur.