Une étude prône l'investissement automatique en actions pour l'épargne retraite

L'étude, commandée par Trade Republic, insiste sur la pertinence de placements boursiers réguliers et automatisés comme complément au système de retraite par répartition.

« Un système Madoff à l'échelle hexagonale ». Voilà comment Marc Touati, président du cabinet Acdefi qualifie, non sans provocation, les retraites à la française dans une étude commandée par Trade Republic. Si le parti pris est marqué dès le titre (1), le constat principal n'en reste pas moins partagé : l'augmentation de l'espérance de vie en France interroge la pérennité du système par répartition. De 3 actifs cotisant pour 1 retraité en 1970, on compte 1,5 actif pour 1 retraité aujourd'hui et 1,3 d'ici 2050 (soit 22 millions de retraités). La durée de vie à la retraite augmente, de 2 ans en 1950 à 23 ans aujourd'hui. La génération des millenials pourrait même vivre jusqu'à 30 ans après avoir quitté le monde du travail. Parallèlement, le déficit des caisses de retraite se creuse pour atteindre 18 milliards d'euros en 2020, et Marc Touati table sur un déficit à 1.000 milliards en 2050 en conservant la même trajectoire. « Il ne se voit pas pour l'instant car les caisses sont bien loties, rappelle l'économiste. Il ne faut pas oublier qu'elles sont gorgées de bons du trésor dans leur bilan, et si les taux viennent à augmenter, le cours des obligations baissera. » Effet boule de neige garanti. 

Sans surprise, la solution préconisée est le recours à l'épargne privée. L'étude dénote un « taux de remplacement » des salaires (2) à la retraite de 74,7%, contre 80% 12 ans plus tôt et propose une projection à 61% pour la génération des millenials. Pour sauvegarder son niveau de vie, il va falloir capitaliser, dit en somme Marc Touati. Sous ce prisme, la marge de progression existe : la retraite par capitalisation ne représente que 290 milliards d'euros sur les 950 milliards de l'épargne retraite globale.

L'investissement en action, futur de l'épargne retraite ? 

L'investissement en action est préconisé comme véhicule d'épargne à privilégier car « à long terme, les marchés boursiers demeurent toujours favorables », les baisses cycliques et les krachs étant absorbés sur la durée. L'étude multiplie dans sa deuxième partie les graphiques pour démontrer la pertinence de mettre en place des investissements réguliers et automatisés dans l'optique de préparer sa retraite (notamment sur des ETF) et met en garde contre les frais de gestion élevés des institutions financières traditionnelles.

Par chance, Trade Republic, commanditaire de l'étude, dipose d'une application de trading mobile avec compte titre ou PEA, et propose plus d'un millier d'ETF sur sa plateforme accessibles à frais fixes (un euro par ordre). Si la manoeuvre est visible, Matthias Baccino, directeur France de Trade Republic, oppose un argument pertinent pour la généralisation de ce type d'épargne privée : « Un PER est intéressant pour l'incitation fiscale qu'il propose, mais ce n'est pas une solution démocratisée et accessible à toutes les bourses ».

(1) « Responsabilisation et liberté : la Bourse, seule solution pour financer les retraites si les Français ne veulent pas travailler plus et conserver un pouvoir d'achat décent », 30/08/2021.
(2) Par rapport au montant du salaire net des cinq années précédant le départ à la retraite.