Retraites complémentaires : le Comité de suivi des retraites s'inquiète du gel des négociations

Dans son rapport annuel, le Comité mis en place par le gouvernement recommande vivement aux partenaires sociaux de parvenir à un accord pour éviter un épuisement des ressources.

Après la Cour des Comptes et le Conseil d'orientation des retraites, c'est au tour du Comité de suivi des retraites de s'alarmer sur l'équilibre des régimes de retraites complémentaires. Selon ce Comité mis en place par l'actuel gouvernement en 2014 et chargé d'établir pour le Premier ministre un rapport chaque année sur la trajectoire de financement des retraites avant le 15 juillet, "l’épuisement des réserves combinées de l’AGIRC et de l’ARRCO pourrait intervenir entre 2022 et 2023"

Lire le rapport annuel du Comité de suivi des retraites

"En 2020 et en l’absence d’accord, le solde cumulé de l’AGIRC-ARRCO pourrait atteindre, selon les projections réalisées par les régimes, actualisées au printemps 2015 à la suite de la révision du cadre macroéconomique, entre -8,4Mds€ et -11,2 Mds€", indique le texte.

Les négociations entre les syndicats patronaux et salariés patinent depuis plusieurs mois. Fin juin, les positions des partenaires sociaux étaient trop éloignées pour parvenir à un accord. Les débats ont été repoussés au mois d'octobre prochain.

Le Medef propose notamment d'instaurer un système de décote sur les retraites complémentaires avant 65 ans. De 30% la première année, 20% la deuxième, et 10% la troisième (et dernière avant 65 ans). Ce qui encouragerait de fait les salariés à attendre pour liquider leur retraite. Hors de question pour la plupart des syndicats qui estiment qu'il s'agit purement et simplement des prémices d'un report de l'âge légal de départ.

Un accord est pourtant indispensable pour rendre ce régime, et l'ensemble du système des retraites, plus soutenables. "En l’absence d’accord, le déficit de ces régimes constituerait la part prépondérante du déficit du système de retraites à horizon 2020 (estimé à 0,4% du PIB par le COR), alors que leurs dépenses cumulées constituent une part minoritaire des dépenses du système de retraites", explique le Comité présidé par Yannick Moreau et composé de cinq membres.

Ces experts préconisent des mesures efficaces mais surtout rapides. Ils mettent notamment l'accent sur "la nécessité d’améliorer les soldes de manière suffisante dès le court terme, afin d’éviter l’épuisement des réserves de l’AGIRC".