Assurance de personnes

« Pour CNP Assurances, la différence passera par les services »

Magaly Siméon conduit une nouvelle organisation de la direction des assurances collectives de CNP Assurances
Elle livre à L’Agefi Actifs sa vision des enjeux dans les domaines de la retraite, de la prévoyance-santé et de la dépendance
Magaly Siméon, directrice des assurances collectives de CNP Assurances

L’Agefi Actifs. - Vous travaillez sur une nouvelle organisation des assurances de personnes, quels objectifs poursuivez-vous ?

Magaly Siméon. - L’activité assurance de personnes était auparavant éclatée dans différents départements. Notre volonté est d’aboutir à la formation d’une nouvelle direction de la protection sociale intégrant les activités retraite, prévoyance, santé et services. Cette direction traitera de l’ensemble des solutions individuelles et collectives et sera capable de suivre les clients aussi bien en direct que par l’intermédiaire des distributeurs et ce, quels que soient leurs statuts. Un de nos enjeux majeurs est de consolider nos relations avec les entités qui travaillent avec les PME et les ETI.

Où se situera selon vous la valeur ajoutée en assurance de personnes demain ?

- Elle proviendra de notre capacité à bien articuler les dimensions produits et services, ces derniers pouvant prendre des formes diverses. Prenons le cas de la gestion des arrêts de travail. Il est clair que les employeurs ont besoin, sur ce type de sinistres, d’obtenir des solutions formalisées de suivi qui, en amont, passent par la prévention des salariés, mais aussi en aval par l’apport à l’assuré de prestations lui permettant d’éviter les arrêts prolongés. Le télétravail fait partie de ces solutions. Nous avons des exemples pratiques de financement de retour à l’emploi dans les collectivités locales comme dans l’assurance emprunteur.  Dans ce type de prestations, tout le monde est gagnant. CNP Assurances est outillée pour approfondir ces démarches. Elle a par le passé investi dans des structures, comme Carré Bleu, capables de mutualiser les prestations via des plates-formes de services médicaux et sociaux.

En retraite, l’approche est similaire : l’assuré n’adhère pas aux produits tunnels. Ces derniers sont pourtant nécessaires pour fabriquer de l’épargne sur la durée. Le défi sera d’arriver à concevoir des produits longs, accompagnés de droits de tirage et en y associant, là encore, des services.

Et en dépendance ?

- Sur la perte d’autonomie, la réponse produit ne suffira pas. Une fois de plus, la différence se fera sur l’accompagnement, les services et l’aptitude à permettre aux personnes de rester le plus longtemps à leur domicile dans des conditions de confort et de sécurité. Cela passe par la réalisation de bilans médicaux en correspondance avec des structures locales et de proximité. L’objectif est de réduire au maximum les risques d’accidents.

L’autre enjeu de la dépendance est d’éviter le confinement des personnes et, dans ce domaine, les évolutions technologiques vont prendre une place de plus en plus importante dans nos métiers. D’autres réflexions peuvent être poussées comme la sociabilisation des personnes âgées dépendantes au sein d’un environnement familial, ce que l’on peut nommer la création de « maisons de vie ».

CNP Trésor a-t-il une place dans votre nouvel environnement ?

- CNP Trésor va être intégré dans le pôle produits et services de la future direction. Il est probable qu’il changera d’ailleurs de nom. Très centré sur l’épargne, le réseau compte plus de 4.000 clients chefs d’entreprise qui ont besoin d’être conseillés plus globalement en protection sociale. Une partie de la gamme devra être complétée en interne ou via des partenariats. La complémentaire santé obligatoire issue de l’accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013 pourra être déployée par exemple dans le réseau CNP Trésor.

Que pensez-vous de l’ANI ?

- Les aspects juridiques ont été largement commentés. Pour ma part, je pense que l’ANI reste un enjeu de distribution. A mon avis, quelle qu’aurait été la décision du Conseil constitutionnel, la réussite de la généralisation de la complémentaire santé ne peut que passer par les intermédiaires de proximité. Ce sont eux qui permettront de réaliser le volume.