L'UFC-Que Choisir charge les frais de succession des banques

La cagnotte est estimée à 150 millions d'euros, pour des tarifs pratiqués par les banques de 233 euros en moyenne.

L'UFC-Que Choisir monte au front contre les frais bancaires de succession. Cette tarification ignorée est selon l'association de consommateurs à l'origine d'une manne bancaire d'au moins 150 millions d'euros. Elle n'hésite pas à qualifier les tarifs pratiqués en France de confiscatoire au regard de nos voisins européens, chez qui ils sont trois fois moins élevés. 

21 brochures tarifaires passées au crible

Pour arrver à ces conclusions, l'UFC-Que Choisir a analysé les brochures tarifaires de 21 établissements représentatifs du secteur. Les frais, facturés au forfait ou en proportion des avoirs, atteignent en moyenne 233 euros. L'association prévient cependant que cette moyenne masque d'énormes disparités : de 120 euros au Crédit mutuel centre est Europe à 527 euros chez LCL. 

Ces frais augmentent plus vite que l'inflation. Depuis 2012, ils ont progressé de 28%, soit trois fois plus que le coût de la vie sur la même période. L'UFC-Que Choisir relève même un pic chez BNP Paribas, avec une augmentation de 263%. Les banques s'en donnent même à coeur joie si les fonds sont destinés à alimenter des comptes chez la concurrence : un héritier non client se voit facturer 145 euros pour un virement en moyenne. 

Un encadrement plus stricte demandé

L'UFC-Que Choisir, tout en rapportant l'exemple allemand qui a déclaré ce type de frais illégaux, sait qu'elle ne peut attendre un résultat similaire en France. Elle demande néanmoins un encadrement plus strict en plafonnant ces frais aux coûts réellement supportés par les banques. 

Les frais bancaires de succession sont prélevés pour la clôture du compte du défunt et rémunèrent le traitement des opérations administratives jusqu'au transfert des avoirs aux héritiers. 

L'exposé de l'UFC-Que Choisir est certainement un moyen de relancer les travaux sur la transparence des frais de succession du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) dont il est membre puisque, comme le signale l'association de consommateurs, les discussions ont été suspendues jusqu'à nouvel ordre.