Covid-19

Les entreprises n'ont pas rogné l'intéressement

Les entreprises du SBF120 ont versé 5,8 milliards d’euros de primes de partage du profit à leur salariés en 2019.

Le spécialiste de l'épargne salariale Eres publie ce jeudi 5 novembre les résultats de la 8ème édition de son « Baromètre du partage du profit » portant sur les entreprises du SBF 120 (1). Un baromètre un peu particulier puisqu'il intervient en pleine crise sanitaire du Covid-19. Et si beaucoup de salariés pouvaient craindre un report des versements de l'intéressement 2020 portant sur les résultats 2019, il n'en a finalement rien été.

En effet, selon les informations communiquées à ce jour par les entreprises et leurs syndicats, la Covid-19 a eu peu de conséquences sur le versement des primes de partage du profit. Ainsi, sur les 29 entreprises ayant communiqué fin juillet 2020 à ce sujet, seules 5 avaient annoncé un décalage de versement.

"Les résultats des entreprises en 2020 seront cependant impactés par la crise, ce qui devrait avoir pour conséquence une baisse des primes de participation. Il est frappant de constater que certaines entreprises ont d’ores et déjà pris des mesures pour ajuster leurs accords d’intéressement et de participation pour que leurs salariés ne soient pas pénalisés", note Pierre-Emmanuel Sassonia, directeur associé chez Eres, cité dans l'étude. Pour le dirigeant, les entreprises ayant fait ce choix ont pris conscience que ces dispositifs étaient un excellent moyen de fidéliser et de motiver leurs salariés, particulièrement dans une période de difficulté économique. "On peut s’attendre à ce que l’année prochaine des entreprises décident de verser des suppléments d’intéressement et de participation lorsque les primes versées en application des accords seront faibles", poursuit-il.

D'ailleurs, les assouplissements annoncés (durée des accords d’intéressement entre 1 et 3 ans, adhésion simplifiée pour les plus petites entreprises), montrent que le gouvernement fait du partage du profit une des clés de la reprise économique.

2.267 euros en moyenne en 2019

Selon les résultats du baromètre, l’intéressement moyen par salarié versé en 2019 (2) par les entreprises du SBF120 s’est élevé à 2.267 euros. Il représente plus de la moitié (52%) des primes de partage du profit versées et s’affirme comme la prime préférée des entreprises du SBF120 en 2019. Rappelons qu'au contraire de la participation qui est obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés, l’intéressement est une prime facultative. "Le fait qu’elle soit privilégiée par les entreprises est un bon signe : cela montre que les entreprises ont entrepris une démarche volontaire en faveur du partage du profit", estime Mirela Stoeva, directrice des études chez Eres.

Source : Eres

Au total, les entreprises du SBF120 ont versé 5,8 milliards d’euros de primes de partage du profit à leur salariés en 2019 (participation, intéressement, abondement PEE/PERCO), soit un nouveau montant record. Ainsi, la prime moyenne de partage de profit dans le SB120 s’est élevée à 4.312€ en 2019 (dont 2.267 euros d'intéressement). 70% des entreprises ont augmenté leur prime de partage du profit par salarié par rapport à 2018.

"En 2019, les salariés ont bénéficié de primes de partage du profit facultatives dans 64% des entreprises (participation dérogatoire, intéressement, abondement)", note l'étude. 

Baisse ou annulation des dividendes

Autre élément important : les dividendes. A fin juillet 2020, les actionnaires ont majoritairement voté pour une baisse ou une annulation des versements de dividendes portant sur l’exercice 2019.

Dans le détail :

- 47 entreprises du SBF120 (39%) ont annulé le versement des dividendes pour l’année 2020.

- 30 entreprises (25%) ont baissé le montant des dividendes distribués à leurs actionnaires.

- 26 entreprises (22) ont opté pour maintenir des versements stables.

- Et 17 entreprises (14 %) ont choisit d'augmenter les dividendes versés

(1) L’échantillon est composé de 82 entreprises du SBF120 qui publient les primes de partage du profit et leurs effectifs France/monde. Le baromètre est fondé sur des données publiques (document d’enregistrement universel, communiqué de presse) de l’exercice 2019 publiées en 2020, ainsi que sur les informations disponibles sur les sites internet. Il exclut les holdings financières et les foncières pour l’analyse de la répartition du partage de profit.

(2) Portant sur l'exercice 2018