Les 40-54 ans inquiets pour leur retraite

Mathilde Castagna
Selon le sondage d’Odoxa et d’Abeille Assurances, 77% des personnes de 40-54 ans pensent que le réforme des retraites pénalisera plus particulièrement les personnes nées après les années 70.

Tandis que la tendance est de cibler les jeunes générations afin de les sensibiliser au sujet de la retraite et aux possibilités pour la préparer, les acteurs financiers pourraient bien devoir revoir leur stratégie de communication. En effet, les prochains à en connaitre les effets sont les 40-54 ans, qui jusqu’ici sur l’autel des conséquences du babyboom, de la démographie et de l’employabilité des séniors ont le sentiment d’être «la génération sacrifiée», selon le sondage Odoxa pour Abeille Assurances. Pourtant, il n’est jamais trop tard.

Et la réforme des retraites ne fait rien pour arranger les choses. Le manque de confiance des Français se fait sentir. Ils sont plus de 70% à être «inquiets» concernant l’arrêt de leur activité. Ainsi, le sondage montre que la nouvelle réforme doit s’accompagner d’un accompagnement accru, d’information et de conseil sur le terrain, en particulier pour la tranche des 40-54 ans. «Bien se faire bien conseiller par un agent général ou un conseiller en gestion de patrimoine est clé dans la préparation de sa future retraite», précise Gaël Sliman, président et co-fondateur d’Odexa.

Ils sont 75% à penser que le vote de la réforme les «mettrait au pied du mur» en étant prévenu «seulement 10 à 15 ans avant leur départ à la retraite». Face à un supposé manque de temps pour préparer cette période de leur vie, ils sous-estiment leur capacité d’épargne et les solutions mis en place par les pouvoirs publics. Alors même que les Français sont bien connus pour leur comportement de «fourmis» lorsqu’il s’agit de leur épargne. En d’autres termes, «que la conjoncture soit bonne ou mauvaise, l’épargnant français a tendance à mettre de côté», explique Philippe Michel Labrosse, directeur général d’Abeille Assurances.

Mais au-delà du besoin de pédagogie et d’information, «les Français sous-estiment largement le nombre d’années qu’ils passeront à la retraite», explique le président et co-fondateur d’Odoxa. Une incompréhension de plus à laquelle la génération des 40-54 ans doit faire face, tandis que l’avenir des retraites des Français ne passe plus seulement par la constitution d’une simple épargne complémentaire.