L’épargne salariale pèche encore en matière d’information

Amélie Laurin, Agefi Quotidien
La Place de Paris a lancé hier la semaine de l’épargne salariale, qui souffre de l’absence de conseils personnalisés pour les clients.

Si la participation et l’intéressement gagnent peu à peu du terrain en France, ces dispositifs restent mal connus et mal maîtrisés. Les acteurs de Paris ont partagé ce constat hier, lors du lancement de la semaine de l’épargne salariale. Cette catégorie de produits est «mal appréhendée par les Français», a déclaré Benoît de Juvigny, secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers (AMF), lors d’un point presse. Dans un marché qui compte 8,7 millions de porteurs, «50% estiment l’information insuffisante et seuls 56% connaissent les risques (de ce type de produits, ndlr)», a-t-il ajouté, en faisant référence à un sondage TNS Sofres réalisé l’an dernier pour le compte du gendarme des marchés.

L’enjeu est de taille, sachant que les encours de l'épargne salariale ont atteint un nouveau record fin décembre à 122,5 milliards d’euros, selon les chiffres de l’Association française de la gestion financière (AFG). Soit une hausse de 4,3% sur un an et de 48,7% depuis dix ans.

L’AMF regrette aussi le poids du monétaire, qui représente 30% des actifs malgré des rendements faibles, voire négatifs. «Les épargnants salariaux perdent chaque année 600 millions d’euros», assure Benoît de Juvigny. Les actions pèsent tout de même «près de 50%» des encours, contre «moins de 10% dans l’assurance vie», relève Yves Perrier, directeur général d’Amundi et président de l’AFG. Mais 47 milliards d’euros sont en réalité des actions de l’entreprise dont le porteur est salarié. Et l’allocation d’actifs est trop «statique de la faute des gestionnaires et des DRH», selon Yves Perrier. «L’enjeu, c’est que l’on traite [les salariés] comme des clients dans une banque privée, avec des conseils permanents en matière d’allocation», juge le président de l’AFG qui estime aussi que «notre rôle est d’aider les salariés à choisir une solution conforme à leur projet et notamment à leur horizon de placement».

Problème, les acteurs de l’épargne salariale «ne sont pas des prestataires de services d’investissement», souligne Benoît de Juvigny. Il ne sont donc pas habilités à délivrer un conseil personnalisé, mais seulement à renseigner l’épargnant. «Nous allons essayer d’améliorer l’information», promet le représentant de l’AMF. C’est précisément le rôle dévolu au nouveau site public epargnesalariale-france.fr.