Le secteur santé et prévoyance reste propice à une consolidation

Le marché de l’assurance santé, comme celui de la prévoyance, progresse. Leur faible concentration laisse présager des regroupements.

Certains secteurs ont de quoi susciter les convoitises. C’est notamment le cas de la santé et de la prévoyance, qui présentait une taille de 71,3 milliards d’euros en 2019, et une croissance de 3,3% la même année. «C’est un marché stratégique et clé pour tous les opérateurs», assure Cyrille Chartier Kaslter, le fondateur de Fact & Figures, dans son Baromètre Santé/Prévoyance 2020 publié vendredi dernier. Cependant, les assureurs et mutuelles sont aujourd’hui confrontés à plusieurs défis qui rendent la conquête de parts de marchés difficile. Ainsi, Facts & Figures relève que les garanties sont extrêmement encadrées par le législateur. Il est donc difficile de se démarquer sur ce point. Par ailleurs, la différenciation par la tarification reste elle aussi difficile à mettre en œuvre dans un contexte où les marges sont étroites. Comme pour les autres pans de l’assurance, les acteurs de la santé prévoyance vont devoir trouver de nouveaux services à proposer à leurs adhérents et, le cas échéant, s’allier avec des sociétés extérieures, comme les assurtech.

Un autre moyen de croître pourra passer par une plus grande concentration. «Le marché de la santé est encore peu concentré à ce jour, notamment dans l’univers des Mutuelles Livre II (ndlr, qui dépendent du Code de la mutualité) où le mouvement de fusion-absorption devrait se poursuivre encore durant les prochaines années, Solvabilité II jouant un rôle important d’accélérateur en la matière», note l’étude de Facts & Figures.

Un marché fragmenté

Aujourd’hui, les dix premiers opérateurs ne pèsent que 60% de ce marché, détenu à 54% par les assureurs, à 19% par les institutions de prévoyance, et à 27% par les mutuelles. Le groupe Vyv occupe la première place, avec 10% de parts de marché et 7,11 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur ce secteur, suivi par Malakoff Humanis, avec 6,27 milliards de chiffre d’affaires et 8,8% de parts de marché, et Axa, avec 5,28 milliards de chiffre d’affaires et 7,4% de parts de marché. Dans ce contexte, les acteurs de taille moyenne ou réduite ont du mal à progresser. Ils ont même perdu du terrain en 2019 : les mutuelles régionales, par exemple, sont passées de 11,4 à 11,1% de parts de marché. Dans ce secteur très compétitif et à la réglementation mouvante, la taille compte.