Contrat Madelin – 20 °anniversaire

« Le régime doit évoluer pour favoriser les passerelles entre les statuts »

A l’occasion de la table ronde organisée par L’Agefi Actifs, Christophe Emprin, président de Pack Solutions, a dressé un tableau synthétique du marché en rappelant son caractère toujours saisonnier tout en soulignant le manque de suivi, dans une bonne partie des portefeuilles, de la situation patrimoniale des assurés
Christophe Emprin, président, Pack Solutions

Le contrat Madelin est un produit qui est clairement installé et qui gagne en notoriété. Aujourd’hui, selon les derniers chiffres connus, il enregistre environ 3 milliards d’euros de collecte uniquement en retraite pour un encours de 23 milliards sur les contrats en cours de constitution, ce n’est pas négligeable. Au niveau des back offices et de la gestion, c’est peut-être le dernier produit saisonnier de l’assurance. Chaque année, à partir du mois d’octobre, il est constaté des volumes importants d’affaires nouvelles, ce qui signifie que le moteur de l’avantage fiscal fonctionne toujours correctement pour les indépendants.

LA TABLE RONDE EN ENTIER : « ADAPTER LE CONTRAT MADELIN AUX ATTENTES DES TPE/PME »

N°629, L'Agefi Actifs, du 28 mai au 12 juin, réservé aux abonnés

Invités experts : Michel Halopeau, avocat associé, Fidal ; Christophe Emprin, président, Pack-Solutions ; Stanislas de Corlieu, associé, Gerep

 

« A notre niveau nous constatons que la richesse des sorties en rente est complexe à gérer. Les assureurs seront créatifs dans ce domaine selon les volumes escomptés. De manière générale, nous constatons à notre niveau que les assureurs ont un taux d’équipement moyen sur les outils de rente. Cela vaut pour le Madelin comme pour d’autres produits de retraite. Nous pouvons remarquer aussi que les portefeuilles Madelin ont un fort taux de contrats réduits, souvent après deux ou trois ans de cotisation. L’acte de vente est oublié. Le conseiller peut faire la différence en balayant la situation patrimoniale chaque année. »

Le contrat Madelin est confronté à la problématique du, comme d’ailleurs l’ensemble de la prévoyance. Cette question est d’autant plus prégnante pour les travailleurs non salariés et elle va devenir un enjeu de développement demain pour la dépendance. Le produit a 20 ans, et le monde a changé. Les passerelles entre les statuts des individus – salariés, indépendants, puis salariés, puis auto-entrepreneurs, passage de SARL en SA, travail à l’étranger… , tout cela va devoir être mieux appréhendé. Le contrat Madelin illustre toute la difficulté française d’assouplir et d’homogénéiser les statuts de sorte que le passage de l’un à l’autre ne représente pas, chaque fois, un parcours du combattant afin de retrouver une couverture équivalente, dans tous les cas prévisible, mesurable et qui pourrait se passer de manière fluide. Il est nécessaire d’arrêter de raisonner en silos.