Épargne retraite

L'assurance vie interfère sur les produits dédiés

L'épargne retraite des ménages a atteint 734 milliards en 2014, en hausse de 5 %
L'assurance vie domine mais l'épargne d'entreprise pourrait tirer son épingle du jeu

En 2014, les encours en assurance vie destinés à la retraite ont représenté 340 milliards d’euros (46,3 % de l’épargne globale), selon l’Observatoire des retraites européennes d’Eres. Ce montant était de 315 milliards l’année précédente, soit une progression de 7,4 %. Pour réaliser la distinction entre les fonds effectivement consacrés à la retraite et les autres, l’étude se base sur l’enquête Insee Patrimoine.

Hausse continue.

Dans le même temps, l’épargne retraite globale a culminé à 734 milliards d’euros en 2014, soit une progression de 5 % par rapport à 2013. Cette hausse s’inscrit dans un mouvement continu, l’épargne retraite ayant déjà crû de 3 % l’année précédente. Dans le détail des produits plébiscités – et très loin derrière l’assurance vie –, les valeurs mobilières (y compris les PEA) ont concentré 22,3 % de l’épargne, l’assurance retraite collective 12,6 %, l’épargne salariale 7 %, l’assurance retraite individuelle 8 % et les livrets défiscalisés 3,9 %. L’épargne retraite « pure » (Perp, Madelin, Perco, article 83...) concentre 160,5 milliards d’euros (+4,7 % après une hausse de 5 % l’année précédente) et les sommes des autres produits d’épargne affectés à la retraite 573,4 milliards (+5,4 %).

Concernant la distinction entre les produits d’épargne retraite collective et individuelle, les premiers progressent de 6,4 % à 143,8 milliards d’euros, quand les seconds s’octroient 4,9 % de hausse à 590,1 milliards. Un chiffre étonne toutefois : l’épargne retraite totale des Français augmente certes d’un point en part de PIB mais ne représente que 34 % de la richesse nationale. Très loin derrière la moyenne des pays de l’OCDE avec 84 %.

Exception française.

Comment expliquer cette forte différence ? Cela est dû au fait que, dans certains pays, contrairement à la France, la retraite complémentaire obligatoire n’est pas incluse dans le régime public. Elle se retrouve donc dans le taux d’épargne financière destinée à la retraite. « Les comparaisons internationales se révèlent difficiles, constate Olivier de Fontenay, associé d’Eres. Il faudrait, pour la France, intégrer les réserves des organismes de retraite complémentaires dans ces chiffres. Mais même en faisant cela, la proportion de l’épargne retraite des Français reste bien inférieure à la moyenne des autres pays car les réserves de l’Agirc-Arrco sont aujourd’hui quasi inexistantes. La France raisonne avec une logique de flux sur les retraites et non pas avec une logique de capitalisation. »

Dans les prochaines années, Eres s’attend donc à ce que la France converge vers la moyenne de l’OCDE. « Nous estimons que dans dix ans, la proportion de l’épargne retraite en France représentera 50 % du PIB, soit une augmentation de 500 milliards d’euros », avance Olivier de Fontenay.

Clarifier le message.

Si cette progression devrait être liée, selon le professionnel, au développement des produits de retraite collectifs en entreprise (Perco, article 83) ou des produits d’épargne retraite individuels (comme le Perp), l’assurance vie est toujours considérée par beaucoup d’investisseurs comme un produit adapté au financement de la retraite. Or, « ce n’est pas le cas, déclare Olivier de Fontenay. C’est avant tout un produit de transmission. D’ailleurs, dans les prochaines années, avec la baisse du rendement des fonds en euros ou encore le problème du transfert de certaines plus-values latentes vers les fonds Eurocroissance, il apparaîtra clairement que les caractéristiques techniques de produits exclusivement destinés à la retraite comme le Perp sont excellentes et souvent bien meilleures que celles de l’assurance vie »