La majorité s'accroche à la réforme des retraites sans pouvoir en assurer le contenu

Le sujet est de nouveau «en chantier», mais tous «les détails seront négociables», a indiqué le député Gilles Le Gendre sur France Info.

Vers une réforme des retraites à la carte ? Juste avant de s'envoler vers le sommet du G7 qui se tient jusqu'à mardi dans les Alpes bavaroises, Emmanuel Macron a fait un point d'étape auprès de l'AFP. Tout en affirmant renouveler sa confiance à Elisabeth Borne pour continuer de diriger le gouvernement, il a indiqué ne pas avoir renoncer à sa réforme visant à faire «faire travailler plus longtemps» les Français, «comme le font tous nos voisins, en tenant compte des conditions de travail et donc des règles de pénibilité, en prenant en compte les carrières longues». Une réforme à conduire «dans la concertation, sans totem ni tabou, mais en gardant un cap d'ambition».

Pas de totem sur l'âge légal de départ

Le député Renaissance (ex-Lrem) Gilles Le Gendre a précisé sur France Info le niveau exact de l'ambition dans un contexte de majorité relative à l'Assemblée nationale. «Nous remettons le sujet en chantier. Nous serons amenés à travailler plus longtemps mais tous les détails sont négociables», a-t-il fait savoir. Interrogé sur le futur âge de départ légal - qu'Emmanuel Macron avait déjà proposé d'abaisser de 65 à 64 ans à l'entre-deux-tours pour draguer l'électorat de gauche - Gilles Le Gendre a répondu qu'il n'était pas possible de «fixer un préalable». 

La majorité sait qu'elle va devoir avancer prudemment avec la réforme des retraites maintenant qu'elle n'a plus la majorité absolue à l'Assemblée nationale (245 sièges pour 289 nécessaire). Elle devra composer avec Les Républicains pour aller chercher les 44 voix manquantes sur ce texte, la Nupes comme le RN rejetant la réforme. Emmanuel Macron a de son côté exclu toute possibilité de faire rentrer LFI comme le RN au gouvernement. Comme d'autres députés de la majorité, Gilles Le Gendre a dimanche encore une fois mis les deux partis dos à dos, les renvoyant sur le même plan «en termes de radicalité et de remise en question du système».