Inégalité de genre à la retraite, Sapiendo fait des propositions

Mathilde Castagna
La fintech spécialisée dans les questions de retraite émet des suggestions pour combler l’écart de revenus à la retraite entre les hommes et les femmes qui s’élève aujourd’hui en moyenne à 40%.

La réforme des retraites pourrait être une occasion de réduire les inégalités de genre. De retour sur la table des ministres et des syndicats, les discussions autour de la réforme des retraites ont repris en début de semaine pour entre autres aborder l’âge de départ à la retraite. L’occasion pour certains acteurs de remettre sur la table l’ardu sujet des inégalités entre hommes et femmes au moment de la retraite. Dans ce sens, Sapiendo, une plateforme spécialisée dans les sujets de la retraite, émet trois propositions.

«On sait tous combien on gagne, mais personne connait ses droits de retraite, alors que ce n’est pas si compliqué», expliquait Valérie Batigne, fondatrice et présidente de Sapiendo Retraite à l’occasion de la 2ème édition des «Rencontres de la Retraite» organisé par Groupama. Et pourtant, arrivée à la fin de sa vie active les femmes françaises reçoivent en moyenne une pension 40% inférieure à celle de leurs maris. Les femmes touchent en moyenne une pension brute de droit direct de 1.159 euros par mois alors qu’elle s’établit à 1.931 euros pour les hommes, selon les chiffres publiés par la Dress en 2022. «Si l’on compare la situation des femmes françaises aux femmes des autres pays de l’OCDE, on constate qu’elles subissent un niveau d’inégalité supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE et on peut même dire que la France est de ce point de vue en queue de peloton», ajoute la présidente de Sapiendo.

Réformer les bulletins de salaire

Afin de réduire cet écart, la fintech propose de réformer les bulletins de salaire. Ainsi, il serait annoté au document mensuel, le total des cotisations retraite et les droits à la retraite qui en découlent. Elle propose un système de points qui pourrait faciliter la compréhension du système comparé "aux trimestres" aujourd’hui. Cela permettrait une lecture plus transparente et synthétique de la situation actuelle de la personne active. «Ce besoin d’informations, nous professionnels on le constate. On a besoin d’un vecteur facilement assimilable», renchérit la dirigeante.

De ce système de points pourrait également découler une notion de partage dans le couple. En effet, les femmes ont tendance en France à travailler plus longtemps afin de compenser le manque à gagner dû notamment à la maternité et la garde des enfants. Pour cela, Sapiendo invite les travailleurs à partager les points retraite «au fil de l’eau pour rétablir un certain équilibre en faveur de celui qui consent à une baisse d’activité dans l’intérêt du foyer». Il est en effet courant de partager les revenus immédiats alors pourquoi ne pas partager les revenus différés, rattachés à la retraite.

Enfin, comme le meilleur moyen d’améliorer sa retraite est encore de cotiser, la fintech souhaite mettre en place un système d’incitation à la reprise d’une activité professionnelle grâce notamment à des «boosters» retraite qui accorderaient des droits supplémentaires gratuits incitatifs. «De toute manière, rappelons que la moitié des femmes ont une retraite de moins de 1000 euros par mois, qui font souvent l’objet de contributions de l’Etat. D'autant que ce n’est pas parce qu’elles n’ont pas eu un travail rémunéré, qu’elles n’ont pas développé de compétences utiles économiquement», explique Valérie Batigne.

«Ces trois propositions présentent l’avantage d’être à la fois relativement faciles de mise en œuvre et indolores pour les finances publiques. Elles auraient non seulement un effet positif immédiat sur la retraite des femmes, mais en plus elles seraient vertueuses pour l’équilibre de l’ensemble du système de protection sociale», conclut la dirigeante.