Grand âge: des capacités hospitalières encore insuffisantes

Le vieillissement de la génération du baby-boom va modifier considérablement l’équilibre démographique. Toutefois les capacités d’accueil des hôpitaux ne sont pas à la hauteur des enjeux qui s’annoncent, selon la dernière édition de l’observatoire de Cap Retraite.

Une hospitalisation sur cinq concerne une personne âgée. Avec l’évolution démographique, ce sont plus de huit millions de personnes qui seront concernées à partir de 2030. « D’ici à 15 ans, il s’agira d’une hospitalisation sur trois », selon le quatrième observatoire que Cap Retraite, un service d’aide à la recherche de maisons de retraite, a mené sur le sujet. Selon la dernière édition de l’observatoire, sur les 241.359 lits disponibles sur le territoire, seuls 4,8 % sont dédiés à la gériatrie. « Pour répondre aux exigences qui s’imposent démographiquement, il faudrait augmenter d’au minimum 102.178 le nombre de possibilités d’accueil en hospitalisations dédiées aux personnes âgées d’ici à 2030 », précise l’étude.

Cap Retraite

Sur le plan géographique, certains départements sont mieux équipés que d’autres, à l'instar de Paris, du Rhône et du Nord. Toutefois, l’étude indique qu'« ils seront concernés par l’augmentation du nombre de lits la plus marquée ». Les départements de Vendée, d’Ariège et du Tarn-et-Garonne devront « réaliser des efforts plus importants ». Pas de prise en charge possible si les moyens humains ne suivent pas. « Pour garantir une qualité de soins identique à celle d’aujourd’hui, il faudrait augmenter le nombre de fonctionnaires hospitaliers de 107.911 (près de 43 % de plus) postes pour atteindre l’équivalent de 362.812 postes dédiés aux hospitalisations de personnes âgées en 2030. » Ce qui aurait pour conséquence d’alourdir le budget consacré au grand âge. Il était de 9,9 milliards d’euros en 2016 et pourrait augmenter de plus de 4 milliards d’ici aux quinze prochaines années. Dans la mesure où les départements ne bénéficient pas du même solde démographique, les zones les moins dynamiques verraient les coûts consacrés au grand âge augmenter drastiquement comme la Creuse, la Haute-Vienne ou encore l’Allier. C’est pourquoi l’étude préconise le maintien du rôle central de l’état en tant que financeur afin d’assurer l’équilibre entre les régions.