France Stratégie recommande de pousser les dépenses de protection sociale vers les jeunes

Dans une note d'analyse, France Stratégie dresse un parallèle entre les dépenses de protection sociale qui profitent aux jeunes et celles qui bénéficient aux seniors.

Les jeunes représentent-ils une "génération sacrifiée" y compris sur le terrain des dépenses sociales ? France Stratégie se pose la question dans sa note d'analyse intitulée "Les jeunes sont-ils sacrifiés par la protection sociale ?" et publiée le mardi 12 janvier.

L'enquête détaille comment la quasi-totalité de la hausse des dépenses de protection sociale depuis 50 ans (de 14,5% du PIB à 31,9 % du PIB entre 1959 et 2013) s'est concentrée sur les plus âgés : le risque vieillesse-survie, qui absorbait 5,1 % des ressources nationales en 1959 en absorbe 14,6 % aujourd’hui, et le risque maladie, dont le poids dans le PIB est passé de 3,1 % à 8,7 %. 

"Cela n’a rien de nouveau ni de choquant a priori puisque les besoins (santé notamment) et les logiques de redistribution ne sont pas les mêmes", précise l'étude. 

Cette différence majeure tient surtout du fait que les retraités sont désormais plus nombreux qu'ils ne l'étaient il y a quelques décennies. Car en calculant l'évolution de la dépense individuelle selon l'âge, on s'aperçoit que cette dépense a augmenté au même rythme pour les moins de 25 ans que pour les plus de 60 ans entre 1979 et 2011 (+15%). Mais, précise France Stratégie, "étant donné les niveaux de dépenses de départ, cette évolution correspond à une hausse de dix points de PIB par tête pour les plus de 60 ans contre seulement deux points de PIB par tête pour les moins de 25 ans".

Le vrai problème du "sacrifice" des jeunes vient surtout de leur situation financière beaucoup moins confortable depuis des années. "Les revenus primaires des jeunes se sont dégradés au cours du temps relativement à ceux des plus âgés, et la pauvreté monétaire, jadis un phénomène typique des âges élevés, touche désormais deux fois et demie plus souvent les moins de 25 ans que les plus de 60 ans", détaille l'étude. "Cette évolution pourrait plaider pour un rééquilibrage des dépenses de protection sociale en direction des plus jeunes."