Pouvoir d’achat : les courtiers en assurance ont un rôle à jouer

Par Stéphane Fantuz, président de la CNCEF Assurance
Les courtiers en assurance sont importants non plus pour défendre le reste à vivre de leurs clients mais bien pour leur redonner de l’oxygène s’agissant de leur pouvoir d’achat.

De la crise sanitaire aux tensions internationales entre l’Ukraine et la Russie, les Français observent les enjeux économiques du moment, avec d’autant plus d’attention en cette veille de premier tour des élections présidentielles. 82% de nos compatriotes se préoccupent de leur pouvoir d’achat comme vient de le révéler une récente enquête d’opinion de l’Institut Louis Harris. La hausse de l’énergie, des carburants et des produits alimentaires suscitent des mécontentements. De même que les projets de placements, d’achat d’un bien immobilier ou d'épargne en perspective de la retraite que l’on annonce potentiellement repoussée à 65 ans, questionnent.

Avec ces différentes pressions ressenties sur le pouvoir d’achat, les Français sont entrés dans une stratégie d’économies et de réductions des dépenses, quelle que soit leur appartenance sociale. D’ailleurs, le secteur des assurances ne fait pas exception puisque 59% d’entre eux estiment qu’elles ont augmenté (données CSA septembre 2021). En fait, l’assurance est considérée par 30% des consommateurs comme un budget sur lequel ils n’ont pas l’impression de pouvoir agir. De même, ils considèrent ne pas être en capacité de revoir leur assurance automobile (67%), leur assurance habitation (74%), leur assurance santé (75%) et leur assurance-emprunteur (75%) bien que cette dernière soit réformée par la Loi Lemoine.

Comparer et être accompagné

La Loi Courtage entrée en vigueur le 1er avril dernier va nous donner l’occasion d’aider les Français à comprendre les mécanismes de l’Assurance. D’ailleurs, la demande en matière de pédagogie financière de leur part est plus forte qu’auparavant ; la crise ayant suscité une motivation plus grande de maîtriser leurs actifs.  C’est donc l’occasion pour eux de connaître davantage les professionnels du courtage et de comparer leurs offres. De plus, à la faveur du rôle des associations agréées par l’ACPR, ils peuvent maintenant identifier le professionnel apte à répondre à leurs besoins.

En effet, les consommateurs font face aujourd'hui à un marché “désorganisé”, où la concentration pourrait s’accentuer à l’avenir, notamment par les technologies digitales qui viendraient le priver de toutes autres solutions. S’ils adoptent les nouveaux usages numériques pour tous les actes courants et comparent librement, ils n’en restent pas moins attachés à la notion de proximité. Qui plus est au regard de deux facteurs : l’illectronisme et le conseil ! Nos courtiers en assurance sont donc les interlocuteurs tout désignés pour les accompagner.

Courtiers et consommateurs ont partie liée

Ajoutons que face à la cyber-délinquance pour les achats en ligne,  les courtiers comme les consommateurs ont partie liée. La question de la cyber-assurance est encore sur le bureau des pouvoirs publics. Mais la sécurité de nos concitoyens tout comme l’importance de notre souveraineté économique en feront une nécessité incontournable dans les prochains mois. La France doit combler son retard par une plus grande protection des risques cyber.

Le monde du courtage en assurance va vivre une véritable évolution. Lorsque nous défendions cette réforme quelques mois en arrière, nous l’avions qualifiée de loi pour l’avenir. Nous ne croyions pas si bien dire. D’autant que l’inflation a rebattu les cartes. Par conséquent, les courtiers en assurance ont une carte à jouer non plus pour défendre le reste à vivre de leurs clients mais bien pour leur redonner de l’oxygène s’agissant de leur pouvoir d’achat. Professionnels et consommateurs se dirigent donc vers un même but : faire du courtage une source de croissance pour les deux parties où le conseil a une vraie valeur ajoutée. Rappelons enfin que le rôle des métiers de l’assurance consiste avant tout à garantir les risques.