Obligations

Les convertibles, belles endormies de nos portefeuilles ?

Léonard Vinville, responsable des obligations convertibles chez M&G Investments
Sur le marché des convertibles, l’accalmie estivale n’a pas eu lieu cette année et l’activité a même redoublé à la rentrée
Alors que la baisse des taux inquiète certains investisseurs, elle dope la demande et l’émission de convertibles

Pourquoi la classe d’actifs des convertibles fait-elle autant parler d’elle ? S’agit-il de l’investissement phare de demain ? Rappelons tout d’abord que les obligations convertibles partagent à la fois les atouts des actions et des obligations d’entreprises. Elles naissent sous la forme d’une dette émise par une société avec une date de remboursement fixe et, en général, le paiement d’un coupon. Elles ont une caractéristique qui leur est propre : le droit d’être converties en actions d’une société, généralement l’émettrice de l’obligation. Le marché primaire des obligations convertibles a été particulièrement actif en septembre dernier. L’éventail des émetteurs d’obligations convertibles est également large, allant des sociétés les plus grandes et les plus connues, telles que Michelin, Sony, Twitter et Tesla, jusqu’aux entreprises beaucoup plus petites et moins bien établies.

 

Une incitation à émettre du papier convertible. Les États-Unis sont nettement en tête du classement. Il semble en effet que la reprise des cours boursiers qui s’est produite au cours du mois, conjuguée à la baisse des taux d’intérêt et à la volatilité accrue des actions, ait incité les financiers des entreprises à émettre du papier convertible. Le groupe de semi-conducteurs Broadcom par exemple, a levé 3,7 milliards de dollars US, la plus grosse émission américaine de l’année. Le groupe de logiciels Okta, le groupe immobilier Zillow et, dans le secteur de la santé, Insulet, qui fabrique des systèmes d’administration d’insuline, sont autant de sociétés qui ont permis au secteur technologique de se tailler la part du lion. 

L’Europe occupe la seconde place, les rendements obligataires négatifs ayant permis aux émetteurs de première qualité de lancer des obligations dont le rendement de remboursement est négatif. La répartition par secteur d’activité est plus variée, les entreprises des secteurs des technologies de l’information, des soins de santé et des services de communication sont les plus représentées. Parmi les nouvelles obligations les plus importantes figurent les obligations convertibles du groupe allemand de traitement des paiements Wirecard, de LafargeHolcim et du fournisseur d’eau français Veolia Environnement.

 

Conditions attrayantes de levées de fonds. La demande de convertibles est également très forte, ce qui permet aux entreprises de lever des fonds à des conditions attrayantes. La valeur des obligations convertibles a le potentiel de participer davantage à la hausse qu’à la baisse de l’action sous-jacente. En effet, le plancher obligataire qui dépend principalement de la qualité de signature de l’émetteur permet de limiter la participation à la baisse de l’action sous-jacente. Ainsi, les obligations convertibles ont tendance à réaliser des rendements asymétriques.

 

Pas de questions sur l’allocation d’actifs. Les investisseurs européens semblent maintenant heureux d’accepter des obligations convertibles dont le rendement à l’échéance est négatif. Même un coupon zéro semble généreux de nos jours ! Le recours aux convertibles permet aux investisseurs d’éviter de prendre des décisions complexes en matière d’allocation d’actifs. Par exemple, si vous êtes certain que les actions continueront de se redresser après ce qui a été, dans l’ensemble, quelques mois plutôt positifs, alors vous investirez en actions. Si, par contre, vous croyez que l’économie est sur le point de sombrer dans la récession ou que les inquiétudes au sujet du commerce mondial réapparaissent, vous investirez plutôt dans l’obligataire. Si toutefois vous n’êtes pas certain de la façon dont les prix des actifs réagiront à l’avenir, vous pourriez envisager les obligations convertibles : elles ont le potentiel de générer de bons rendements dans la plupart des scénarios de placement.

La diversité qu’offre le marché des obligations convertibles, combiné au profil risque/rendement unique de la classe d’actifs, fait des obligations convertibles une solution d’investissement à envisager au sein de portefeuilles. La capacité des obligations convertibles à offrir des rendements moins volatiles, quel que soit l’environnement d’investissement, en fait l’instrument idéal pour naviguer dans les temps incertains actuels.