Le private equity désormais plus proche des particuliers

Par Bertrand Rambaud, président de Siparex
Le capital investissement joue et continuera de jouer un rôle clé dans la période actuelle

La crise sanitaire a remis les fonds propres au centre des débats. Nous entendons parler de fonds sectoriels, de prêts participatifs, d’outils hybrides, de fonds souverains, de fonds régionaux… Parmi les initiatives proposées, chaque outil de refinancement de la dette a probablement sa place mais ne peut se substituer à l’apport en fonds propres. Pourquoi ? Car le risque lié à l’apport de fonds propres est supporté par l’actionnaire, qui sera rémunéré pour ce risque, sans peser sur l’entreprise qui ouvre son capital. A l’inverse, dans le cas des outils d’endettement, c’est l’entreprise qui porte la charge du remboursement. L’apport en fonds propres permet donc de rééquilibrer les bilans. Il faut de plus souligner qu’apporter des fonds propres ne se résume pas à un simple financement. C’est aussi un moyen d’accompagner les entreprises dans leur transformation. Un mouvement plus que jamais essentiel pour créer de la valeur dans un monde bouleversé par des enjeux numériques, climatiques, sociaux… Pour toutes ces raisons, cette période est une opportunité historique pour le métier du capital investissement.

 

Une épargne abondante

Avec le ralentissement de la consommation dû à la crise sanitaire, la période actuelle s’est révélée favorable à l’épargne. C’est dans ce contexte que de nombreuses initiatives ont vu le jour pour permettre aux Français d’investir dans l’économie réelle, notamment celle de Bpifrance soutenue par le gouvernement avec un objectif de collecter 95 millions d’euros, ou encore la création de 150 fonds labellisés « Relance » au 1er mars 2021, pour un encours de 13 milliards d’euros. Un chiffre qui devrait monter à 24,5 milliards d’euros en incluant les objectifs de collecte des fonds en cours de lancement.

Longtemps considérée comme une classe d’actifs réservée à une clientèle avertie, en dehors des fonds fiscaux, le private equity a fait évoluer son offre. Il s’ouvre désormais à une clientèle de particuliers, qu’il n’intéressait pas avant, notamment en raison du montant des tickets d’entrée. Si la contrainte de la liquidité subsiste, car les fonds de private equity sont des produits d’investissement long-terme, celle du montant minimum de souscription a été fortement allégée, permettant d’investir des tickets unitaires de 10.000 euros, voire 5.000 euros ou même 1.000 euros pour certains produits de place, comme les unités de compte dans les contrats d’assurance vie ou les Fonds commun de placement à risque (FCPR). La création récente de ces véhicules, investis dans des sous-jacents jusque-là réservés à une clientèle institutionnelle, est une évolution favorable pour les particuliers qui peuvent désormais bénéficier d’un rendement attractif et d’une gestion de premier plan.

 

Une prise de risque nécessaire

Nous sommes donc plus que jamais convaincus que cette classe d’actifs a sa place dans la diversification de placement des particuliers, spécialement dans ce contexte de taux bas voire négatifs qui offrent peu de rendement. Les investisseurs privés doivent ainsi se tourner vers des produits plus à risque pour faire fructifier leur épargne. Le capital investissement a fait ses preuves et se distingue ainsi, sur le long terme, par une surperformance très nette face aux autres classes d’actifs (11,3 % par an sur horizon de 10 ans à fin 2019 (1) et moins de volatilité que la bourse. Et pour les investisseurs privés soucieux de la liquidité de leur placement, l’investissement en unités de comptes de capital investissement permet d’éviter la période de blocage des fonds de private equity.

Investir dans cette classe d’actifs pour les épargnants, c’est aussi soutenir l’économie réelle et participer à la relance en finançant les meilleures PME et ETI françaises. L’intermédiation des conseillers en gestion de patrimoine et des banquiers privés est essentielle pour guider les clients dans cette nouvelle offre.

 

(1) Source France Invest