La gestion active obligataire meilleure que la gestion passive, même après frais

Par Jamil Baz, responsable de l'analyse et des solutions clients et Josh Davis, responsable mondiale de l'analyse clients chez Pimco
Jamil Baz, responsable de l'analyse et des solutions clients et Josh Davis, responsable mondial de l'analyse clients chez Pimco.

Il est tentant aujourd’hui, pour certains investisseurs, de remettre en question le rôle des obligations dans leurs portefeuilles, la chute des rendements réels à des niveaux historiquement bas entraînant une baisse des revenus et du potentiel de gain en capital.

Malgré ces rendements faibles, les obligations restent utiles pour diversifier le risque dans des portefeuilles larges. Par ailleurs, les taux d'intérêt pourraient continuer de baisser et stimuler les valorisations et certains segments du marché obligataire - le crédit en particulier - restent, à notre avis, attrayants par rapport aux actions.

Nous pensons que la gestion active reste clé dans la réalisation de ce potentiel. Notre analyse des performances historiques montre en effet que, par opposition à ce qui se passe pour les actions, dans le domaine des obligations, la gestion active surperforme la gestion passive, même après frais.

Au cours des dix dernières années, le gestionnaire médian d’un portefeuille obligataire actif a surperformé son homologue passif de 0,52 % par an après frais. Cela signifie que les investisseurs ont reçu plus de 0,5 % par an de rendement excédentaire. Cette différence de rendement, cumulée dans le temps, peut devenir significative pour les investisseurs. Autre élément clé à noter : les gestionnaires obligataires passifs ont, en moyenne, enregistré des performances inférieures à celles de l'indice en raison de l’impact des frais. Pour les actions,

la performance est presque inversée, les actions actives ayant enregistré des performances nettement inférieures à celles des gestionnaires passifs et de l'indice de référence.

Comment expliquer cette différence entre les actions et les obligations ? Selon nous, une des raisons tient au rôle que jouent sur le marché obligataire les investisseurs « non économiques » pour lesquels la maximisation des rendements n’est pas l’objectif premier. Il s’agit notamment des banques centrales et des compagnies d'assurance. Ces investisseurs « non économiques » représentent près de la moitié du marché obligataire mondial de 100 000 milliards de dollars. Cela laisse de l'alpha sur la table pour les gestionnaires actifs qui peuvent déployer des stratégies actives sur la duration, la courbe des taux ou la volatilité. Les gestionnaires actifs peuvent également cibler les devises et les titres offrant des rendements élevés comme le High Yield, les obligations des marchés émergents et les prêts hypothécaires non institutionnels.