Le marché mondial des M&A devrait croître de 10% en volume d'ici à fin juin

Agefi.fr

Le réveil des groupes européens s’accompagne d’un regain d’intérêt des investisseurs américains pour le Vieux Continent, constate Deloitte.

L'effervescence des mouvements de fusions et acquisitions constatée depuis plusieurs semaines devrait au moins durer jusqu'à l'été, si l'on en croit la dernière édition du «M&A Index». Cet indicateur avancé publié par le cabinet Deloitte est établi à partir de quatre sources principales d'information : données macro-économiques, conditions de financement, résultats et santé financière des entreprises, valorisation du marché.

Le «M&A Index» prévoit une progression d'environ 10% du nombre de transactions sur le trimestre en cours par rapport à la même période de l'an dernier, ce qui correspondrait à un volume de 8.000 opérations. L'activité de M&A devrait rester importante dans la haute technologie, les télécoms et les médias (TMT), stimulée par les impératifs de convergence propres à ces secteurs. De son côté l'industrie de la santé, et plus particulièrement la pharmacie, se consolide en raison de la faiblesse grandissante des portefeuilles de nouveaux produits.

«Après avoir consacré une part importante de leurs ressources à gérer des réductions de coûts, les entreprises ont renoué avec l'élaboration de plans stratégiques à long terme. Le retour de la confiance des dirigeants, visible depuis l'automne dernier en Europe, conduit à des projets de développement qui laissent une part plus importante à la croissance externe», commente Vincent Batlle, associé responsable du pôle transactions chez Deloitte Finance. L'accent mis sur la croissance externe témoigne aussi d'une pression sur le rythme de croissance organique visible depuis deux ans.

L'offensive des groupes européens en matière d'acquisitions s'accompagne d'un regain d'intérêt des investisseurs nord-américains pour le Vieux Continent. Ces derniers «ont tiré parti d'écarts de valorisation ayant favorisé la multiplication des opérations transatlantiques de grande taille», relève Vincent Batlle. Le dynamisme des grandes entreprises américaines repose sur des réserves de cash supérieures à 1.530 milliards de dollars, contre 822 milliards de dollars pour leurs homologues européennes.

Le principal facteur susceptible de freiner cet appétit pour le risque au cours des prochains mois est d'ordre géopolitique. Ceci concernerait l'Europe «si l'aggravation de la crise ukrainienne entraîne des sanctions économiques accrues sur la Russie», juge Vincent Batlle.