La Chine, une menace pour les émergents, selon Robeco

Les temps ont été difficiles pour les actions des marchés émergents, mais seule la Chine possède réellement le pouvoir de brouiller les cartes des investisseurs cette année, explique dans une note Leon Cornelissen, l'économiste en chef de Robeco. « Les hausses des taux d'intérêts dans des pays comme l'Inde et la Turquie dans le but de soutenir leurs devises et de mettre un terme aux flux de capitaux [sortants] ont engendré un effondrement des cours boursiers » analyse-t-il. « Toutefois, les investisseurs [des marchés occidentaux] ne doivent pas craindre des répercussions, car la vraie menace surviendrait si la Chine se heurtait à des difficultés », ajoute-il. Pour l’économiste, l’arrêt progressif du programme d’achats d’actifs (le « tapering ») de la Réserve fédérale américaine n’est pas la raison principale de ces sorties de capitaux. Par ailleurs, le ralentissement des pays émergents ne met pas en péril la reprise en cours dans les économies développées, et « l'affaiblissement des devises des marchés émergents contribuera à un rééquilibrage de leurs économies et à une baisse de leurs déficits des comptes courants ». En revanche, les choses pourraient changer si les fondamentaux de l'économie chinoise se dégradaient. « Les autorités chinoises ont ralenti récemment la croissance économique dans l'espoir de réduire le prix des logements et de dompter en parallèle le système bancaire. Qui plus est, au dernier congrès du parti communiste, elle a présenté un ambitieux programme de réformes qui, en pratique, réduirait la croissance structurelle. Toutefois, ce qui va finalement se passer demeure incertain », indique Leon Cornelissen.