Yomoni débarque dans le private equity

La fintech s’associe avec Altaroc pour loger sa gamme de fonds dans son compte titres. Le PER et l’assurance vie devraient bientôt suivre.

Première tentative de diversification pour Yomoni. La fintech a annoncé ce vendredi 16 septembre un partenariat avec la plateforme Altaroc pour intégrer ses fonds de private equity à son offre. Seule l’enveloppe du compte titres est pour l’instant concernée, mais le plan d’épargne retraite (PER) et l’assurance vie devraient bientôt suivre (via un fonds commun de placement à risque en cours d’agrément par l’AMF). Les clients de Yomoni auront ainsi accès, dès 100.000 euros, à une gamme de fonds de private equity habituellement réservée aux investisseurs institutionnels. Le ticket d’entrée devrait être abaissé à 1.000 euros avec le FCPR.

De la qualité instit à portée de main

Lancée en octobre dernier, la plateforme Altaroc propose aux particuliers un fonds de fonds de capital investissement donnant accès à six sociétés de gestion internationales. Le closing de son premier fonds professionnel de capital investissement (FPCI), Altaroc Global, lancé fin 2021, s’est fait en un temps record : 180 millions d’euros levés en 10 semaines, comme le confiait Frédéric Stolar, fondateur d’Altaroc dans les colonnes de l’Agefi Quotidien en février.

Depuis, la plateforme a récidivé avec un second millésime. Objectif : 500 millions d’euros (dont la moitié aurait déjà été collectée à date). Sa commercialisation, qui doit prendre fin en décembre, sera appuyée par la clientèle de Yomoni, pour qui une poche a été réservée (mais dont le montant n’a pas été communiqué). Altaroc II sera déployé à 80% dans six grands fonds mondiaux de capital-investissement et à 20% en co-investissement avec ces mêmes fonds. Il vise essentiellement les secteurs de la technologie (50% du portefeuille visé), santé (20%) et plateformes digitales (30%). Et ce principalement aux Etats-Unis (40%), en Europe (40%) et en Asie (20%). « Nous sélectionnons uniquement des gérants qui ont un historique de performances de 30 ans et qui ont délivré un TRI net d’au moins 15% par an sur les 20 dernières années », complète Frédéric Stolar.

Pour Yomoni, l’enjeu est de diversifier son terrain de jeu. C’est la première fois que la jeune pousse, créée en 2015, s’écarte des ETF. « Nous répondons à une demande de diversification des clients qui souhaitaient s’exposer à de nouvelles classes d’actifs, raconte son fondateur Sébastien d’Ornano. Comme ils ont des patrimoines de plus en plus importants, nous continuerons à étendre notre offre pour leur proposer l’ensemble des grandes briques d’une bonne allocation ». L’ouverture au private equity est aussi un moyen pour elle de capter une clientèle au patrimoine déjà plus conséquent, friande de cette classe d’actifs depuis que l’offre qui lui est accessible a explosé. Selon l’association France Invest, les personnes physiques et family offices ont apporté plus de 4,2 milliards d’euros aux fonds français en 2021, soit une progression de 78% par rapport à 2020.