Yomoni continue d’investir sur la croissance

Pauline Armandet
La fintech veut dépasser les 500 millions d’encours sous gestion en 2021, contre 320 millions en 2020. L'équilibre financier est visé en 2022.

Yomoni veut se donner les moyens de ses ambitions. La société de gestion française annonce avoir atteint 320 millions d’euros d’encours sous gestion à fin décembre 2020, en hausse de près de 80%. «Notre objectif est de dépasser les 500 millions d’encours en 2021, c’est ambitieux mais nous allons tout faire pour y arriver», confie à L’Agefi Sébastien d’Ornano, président de Yomoni. La fintech affiche également une collecte nette de 120 millions d’euros, en hausse de 76% depuis fin 2019.

Le robo-advisor est passé de 15.000 à 25.600 clients sur l’année 2020. «La crise du Covid a poussé les Français à la digitalisation et à l’épargne. Yomoni a tiré son épingle du jeu car les gens se tournent de plus en plus vers des plateformes en ligne pour leurs investissements», explique son patron. De son côté, l’Association française d’épargne et de retraite (Afer) a fait état de 13.500 nouveaux adhérents en 2020. «Nous commençons à rentrer dans la cour des grands», estime ce dernier. «Nous sommes en quelque sorte les successeurs de ces offres très fonds euro avec une nouvelle génération de solutions d'investissement lisibles, simples et efficaces basées sur la gestion indicielle».

Succès de la gestion pilotée

Selon son patron, la croissance de Yomoni s’explique également par le «succès» de la gestion pilotée. Enfin, la fintech profite d’un contexte plus favorable vis-à-vis de la gestion indicielle. «Nous démontrons avec Yomoni l'efficacité pour le particulier de ce type de gestion. Ainsi, sur 5 ans, nous délivrons 7% de performance annualisée nette de tout frais sur notre profil le plus dynamique», se targue le patron de la fintech.

A ce jour, la gestion indicielle a pris 20% du marché en Europe. Elle devrait représenter 40% en 2031 «si nous nous référençons au rythme américain», estime Sébastien d'Ornano qui veut se «battre pour faire en sorte que la France ne soit pas à la traîne» dans ce domaine. «C'est une vraie lame de fond : les acteurs établis résistent encore, mais nous savons que les bons résultats attirent de plus en plus de monde», ajoute-t-il. Yomoni a déjà établi cinq partenariats dans la gestion indicielle.

La fintech revendique une hausse du nombre de mandats gérés de 71% par rapport à l’année 2019. L’année 2020 «a éprouvé notre modèle en sollicitant très fortement notre plateforme automatisée et pour nos conseillers», souligne Sébastien d’Ornano. 12% de ses mandats ont vu leur niveau de risque modifié, soit 70% de plus qu’en 2019 et 2018. De manière générale, 68% des modifications ont été faites à la hausse et 32% à la baisse.

Parrainages

La fintech revendique avoir signé 1.500 plans d'épargne retraite (PER) depuis le lancement de son offre en octobre dernier. Sur les contrats signés, dont le ticket moyen est de 7.500 euros, 50% émanent de clients existants et 50% de nouveaux clients. La société de gestion compte par ailleurs lancer des mandat ESG d’ici la fin du premier trimestre. Elle souhaite aussi travailler sur la donnée de partage de clients. «50% de nos nouveaux clients viennent de clients existants. La donne des clients est claire : on veut être très vigilants sur le nombre de données qu’on veut avoir : nous préférons la traiter en interne. On peut réfléchir à aller chercher de la donnée bancaire», confie son dirigeant.

La société de gestion vise l’équilibre en 2022 : «cela ne sera pas avant car nous continuons d’avoir de forts coûts d’acquisition», précise son patron.