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Pour les investisseurs qui rallument leurs écrans au retour des congés estivaux, les motifs d’anxiété sont bien trop nombreux pour en dresser une liste exhaustive : poursuite de la guerre commerciale entre les deux principales puissances économiques et politiques, inquiétude sur la situation en Italie, activité industrielle toujours en berne en Allemagne, possible Brexit sans accord, etc. Cette accumulation de mauvaise nouvelle est de nature à miner le moral non seulement des investisseurs, mais également de tous les citoyens à l’écoute de l’actualité, pesant ainsi sur la confiance du consommateur ou de l’industriel, et entraînant par capillarité une dégradation économique. Toutefois, il convient de noter que la majeure partie de ces évolutions s’inscrit dans la durée et constitue un feuilleton dont les rebondissements suscitent de moins en moins de poussées d’adrénaline.

Les tweets de Donald Trump. Certes, de nouveaux évènements sont intervenus en août, à l’instar des tensions à Hong Kong ou de la crise argentine, insuffisants toutefois pour sortir les marchés de leur torpeur estivale. Une fois encore, c’est bien Donald Trump qui, en formidable scénariste capable de renouveler en permanence ses effets, a endossé le rôle de trouble-fête. Sa première salve a été tirée dès l’annonce par la Fed d’une baisse de « seulement » 25 points de base de ses taux directeurs : déplorant la décision de sa banque centrale, il a alors relayé l’idée qu’elle pouvait être le problème ! Toutefois, face à une réaction limitée des marchés, le président américain a surenchéri dès le lendemain : « de nouvelles taxes s’appliqueront dès le 1er septembre sur les importations chinoises, et d’autres pourraient suivre ». Cette fois, le message fut parfaitement reçu comme en atteste la chute des marchés boursiers qui s’en est suivi et le plongeon des taux obligataires à 10 ans.

Cette séquence estivale de tweets présidentiels s’apparente à un coup de billard à trois bandes tel que Donald Trump les affectionne : menacer de quitter l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), s’adresser directement à la Chine en durcissant le bras de fer avec Xi Jinping pour créer davantage d’incertitude et mettre une pression plus forte encore sur le président de la Réserve fédérale pour qu’il s’engage à assouplir davantage sa politique monétaire. C’est incontestablement un jeu dangereux ! Les tweets de Donald Trump interviennent souvent lorsque les marchés évoluent à un point haut. Si les corrections boursières qui s’en suivent ne viennent pas « casser » les supports techniques les plus solides, cet interventionnisme engendre des externalités négatives : il ravive les inquiétudes des consommateurs dont la confiance est altérée par la perspective de voir leur pouvoir d’achat érodé par des hausses de taxe. De la même manière, les entreprises se retrouvent plus contraintes dans leur décision d’investissement et certains investisseurs sont incités à réviser à la hausse la probabilité d’une récession économique.

Inversion de la courbe des taux. Après les tweets de Donald Trump, un second signal d’importance est intervenu en août avec l’inversion de la courbe des taux américains. Or, depuis une quarantaine d’années, ce phénomène a très souvent précédé une récession dans un délai de 6 à 18 mois, une perspective très largement relayée voire exagérée. Pour notre part, nous considérons que, si ce signal est susceptible d’affecter la confiance jusqu’à menacer de générer un phénomène auto-réalisateur, une récession serait, dans les circonstances actuelles, beaucoup plus d’ordre psychologique que réellement validée du point de vue économique.

Dans ce contexte, nous surveillons de près les indicateurs tels que les moyennes mobiles 200 jours, susceptibles d’intervenir en supports techniques auquel cas nous pourrions repasser surexposés en actions dans nos portefeuilles. En effet, plusieurs éléments sont de nature à soutenir les marchés financiers à l’instar du taux élevé de liquidité dans les portefeuilles et des politiques monétaires durablement accommodantes, dont l’action pourrait être prochainement renforcée par de nouvelles mesures de soutien budgétaire.

Points forts

- Un niveau élevé de liquidité dans les portefeuilles

- Le biais accommodant adopté par la majorité des banques centrales

- Un débat autour de la possibilité de nouvelles mesures de relance budgétaire

Points faibles

- Le climat d’incertitude créé par les revirements incessants de Donald Trump notamment en matière de taxation des importations

- Le conflit sino-américain en tant que choc exogène de nature à amplifier le caractère auto-réalisateur d’une récession économique

- L’issue incertaine des négociations sur le Brexit