SCPI

Une baisse de collecte attendue

Après les records enregistrés l’an passé, le marché des SCPI retrouve son rythme de croisière
Bien qu’en-dessous de sa moyenne sur 10 ans, le taux de rendement courant (4,4 %) demeure attractif

La collecte nette totale des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) a atteint 2,4 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2018, pour une capitalisation autour de 53 milliards d’euros (+5,3 % sur un an), selon les chiffres de l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim) et de l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF). En net repli comparé à la première moitié de 2017, qui enregistrait un record historique à 3,8 milliards d’euros collectés, le marché reste « sur un trend solide, au-dessus de la moyenne de long terme à 1,6 milliard d’euros », explique Stéphanie Galiègue, directrice de la recherche et des études à l’IEIF.

Tendance attendue. Cette décélération « n’est pas une surprise, cela fait suite à un exercice 2017 absolument exceptionnel. On retrouve aujourd’hui un niveau de collecte de capitaux en adéquation avec la capacité d’absorption des marchés immobiliers », explique Arnaud Dewachter, délégué général de l’association. « La collecte est maîtrisée. On peut être satisfaits, l’important étant d’anticiper les investissements », appuie Danielle François Brazier, directrice de Foncia Pierre Gestion. Investissements dont le nombre reste important, et qui sont de plus en plus souvent réalisés à l’étranger. « Désormais, un tiers est réalisé hors de France, principalement en Allemagne. C’est un phénomène nouveau dans l’histoire des SCPI, longue d’une quarantaine d’années », indique Arnaud Dewachter. La tendance s’accentue : 47 % des investissements ont eu lieu en zone euro durant le deuxième trimestre, selon Jonathan Dhiver, président de MeilleureSCPI.com, qui se félicite d’un « appétit toujours fort des épargnants ».

Rendements stables. Côté rendements, sur un an à fin juin, les SCPI affichent une performance globale de 5 % (dont un rendement courant de 4,4 %) et de 6,1 % sur les dix dernières années, avec une volatilité de 4,5 %, d’après les données Aspim-IEIF. « La performance des SCPI affiche une relative stabilité sur un an. Et en regardant les taux de rendement interne, sur cinq ou dix ans, le marché reste hyper attractif », indique Danielle François Brazier. Un indicateur qu’Arnaud Dewachter tient à mettre en perspective par rapport à la distribution : « n’oublions pas que c’est principalement la régularité de la distribution des revenus qui intéresse les investisseurs, le rendement pouvant être affecté à la baisse par la hausse du prix de parts par ailleurs positive pour le porteur », estime le délégué général de l’Aspim, pour qui « au final, le niveau du rendement des SCPI reste intéressant dans le paysage de l’épargne ».

Parts en attente. Sur le marché secondaire, le premier semestre établit « un nouveau record de transactions » selon l’IEIF, avec des montants échangés de l’ordre de 512 millions d’euros, « soit pratiquement le niveau atteint pour l’ensemble de l’année 2013 ». Néanmoins, « le ratio de parts en attente rapporté à la capitalisation est en légère augmentation au premier semestre, même s’il est trop tôt pour en déduire quoi que ce soit », note Stéphanie Galiègue. Le taux de rotation atteint ainsi 0,36 %, un plus haut depuis sept ans. « Nous n’observons pas de tensions sur la liquidité. Il n’y a pas d’éléments signalant un retournement du marché dans l’immédiat. Les fondamentaux sont sains », conclut l’Aspim.