OPCVM

Une autre approche de la gestion diversifiée

Rafaella Ostier, responsable des relations avec les CGPI chez Nordea Investment Funds
Les fonds flexibles restent les OPCVM les plus populaires auprès des conseillers en investissements financiers
Si les approches de ces produits peuvent être différentes, celle en budget de risque a prouvé son efficacité
DR, Rafaella Ostier, responsable des relations avec les CGPI, Nordea Investment Funds

La configuration de marché actuelle change la donne pour les fonds patrimoniaux. Alors que les taux de rendement demeurent historiquement bas, ces solutions doivent revenir progressivement sur les marchés d’actions tout en offrant une volatilité faible et une meilleure protection du capital...

Les fonds diversifiés toujours plébiscités.

Les violents à-coups subis par les marchés boursiers au cours des cinq dernières années ont contribué à ériger les fonds diversifiés au rang de solution d’investissement appropriée en toutes circonstances. La dernière étude Lipper European Fund Market Review souligne la croissance considérable de la collecte pour les fonds « multi-assets », qui s’élève à 85 milliards d’euros en 2013.

Le palmarès Quantalys de mars 2014 montre également que la catégorie la plus populaire auprès des conseillers en gestion de patrimoine reste celle des fonds « flexibles monde ». Pour autant, cette catégorie est très hétérogène et regroupe un grand nombre d’approches et d’allocations d’actifs différentes.

Le contexte actuel est en train de redessiner le paysage.

Alors que de nombreux fonds diversifiés avec une forte exposition aux obligations affichaient jusqu’à présent des rendements attractifs, l’année 2013 a changé la donne. Ces stratégies risquent de sous-performer en cas de hausse des taux d’intérêt et la probabilité de reproduire les performances remarquables qu’elles ont obtenues dans le passé est faible. Pour les fonds dits flexibles, qui cherchent constamment à s’adapter au mieux en fonction des mouvements de marché, l’exercice n’est pas des plus aisés. Le grand nombre d’incertitudes qui pèsent continue d’induire une forte volatilité, avec une succession ininterrompue de périodes risk-on/risk-off.

De leur côté, les fonds plus traditionnels, avec une allocation plus favorable aux actions, semblent retrouver la faveur des investisseurs. Le niveau historiquement bas des taux d’intérêt les a incités à prendre plus de risques, et de facto, à renforcer leur allocation en actions. Cependant, cette plus forte exposition aux actions provoque une volatilité et une perte maximum plus élevées. Le véritable défi est donc de trouver une solution diversifiée qui fait la part belle aux actions, tout en offrant une volatilité faible et une meilleure protection du capital.

L’essor de la gestion par le risque.

Ces dernières années, nous avons constaté l’essor de stratégies basées sur la gestion du risque. Si les processus de gestion peuvent être très différents d’un fonds à l’autre, ils ont tous pour objectif de réussir quelles que soient les conditions de marché. Une des approches qui a fait ses preuves est la gestion en « budget de risque ». Elle consiste à contraindre l’allocation d’actifs à un budget de risque global prédéfini. Lorsqu’une classe d’actifs ou un titre ne respectent pas ce budget, ils ne sont pas intégrés au portefeuille, quitte à manquer certaines opportunités dont le potentiel de performance aurait pu sembler attractif a priori.

Cette approche a prouvé qu’elle limite la volatilité, les drawdowns et préserve mieux le capital. Bien que résolument prudente, une telle gestion ne diminue pas forcément la part allouée aux actifs risqués comme les actions, mais cherche plutôt à en abaisser le niveau de risque. C’est là une différence notable, la gestion en « budget de risque » permet ainsi de maintenir une exposition substantielle aux actions sans augmenter le risque global du portefeuille.

Parce qu’elle sécurise la stabilité des rendements dans le temps, tout en limitant l’exposition du portefeuille aux facteurs de stress exogènes et aux variations de marché, la gestion en « budget de risque » reste particulièrement indiquée dans l’optique d’une allocation patrimoniale.