OPCVM actions

Un nouveau long/short actions neutre au marché

Avenir Finance IM propose un fonds à l’achat et à la vente sur les actions
Les gérants visent une volatilité proche de 7 % et une performance de 10 %

Les fonds long/short actions, utilisant des techniques de gestion alternatives et prenant des positions aussi bien à l’achat qu’à la vente sur les actions (long/short), sont aujourd’hui bien connus. Développés en France au début des années 2000, ces produits ont cependant parfois pu décevoir les investisseurs. Ces derniers n’étaient en effet pas toujours conscients que des positions vendeuses dans un fonds ne voulaient pas forcément signifier que celui-ci n’était pas sensible aux évolutions du marché dans son ensemble. Or, si cela est sans importance dans les périodes de hausse, c’est beaucoup plus désagréable pendant les périodes de repli des indices. Pourtant, il est possible de concevoir de tels produits, mais insensibles aux évolutions de marché (market neutral), bien qu’encore aujourd’hui, l’offre sur ce type de fonds reste plutôt rare.

Constatant une demande sur ce créneau, Frédéric Gourdeau, ancien cogérant du fonds Gulliver d’Exane AM, et Matthieu Détroyat, anciennement chez Natixis et Nomura, ont lancé chez Avenir Finance le fonds AFIM Diadys LS Market Neutral, un fonds long/short d’actions internationales utilisant une technique lui permettant de s’affranchir – autant que possible – des évolutions des indices.

Identification de « paires ».

Pour arriver à ce résultat, les gérants se contraignent à n’investir que sous la forme de paires. Ainsi, une position acheteuse sur un titre sera obligatoirement compensée par une position vendeuse sur un autre, dans le même secteur ou dans un secteur comparable. « La gestion par paires, bien qu’assez peu utilisée, est la base de la stratégie long/short puisque cela permet d’éliminer le risque de marché ainsi que le risque sectoriel », précise Frédéric Gourdeau, cogérant du fonds.

La première étape du processus de gestion consiste donc, pour les gestionnaires, à identifier ces paires. Ils utilisent pour cela un premier filtre quantitatif, appelé PairDetect, développé il y a plusieurs années par Frédéric Gourdeau. Cet outil détecte, à partir des évolutions des cours des actions, les anomalies qui peuvent apparaître entre certains titres sur chaque secteur. Parallèlement, les gérants se livrent à des analyses sur les fondamentaux des actions sur des secteurs spécifiques, voire des grands thèmes qu’ils ont identifiés. Enfin, ils restent attentifs aux différentes opérations sur les bilans des sociétés. « Nous ne sommes pas du tout un fonds de situations spéciales, mais parfois les opérations de fusions et acquisitions ou les introductions en Bourse induisent des changements de profil des sociétés qui peuvent changer leur valorisation relative par rapport aux autres sociétés du secteur », précise Frédéric Gourdeau.

Horizons différents.

Le portefeuille est ainsi composé d’une trentaine de paires mais toutes n’ont pas le même horizon d’investissement, selon la nature du risque pris et l’espérance de rendement. « Nous pouvons initier une position, par exemple, avant l’annonce de résultats, et la déboucler rapidement mais nous pouvons aussi miser sur des évolutions fondamentales de très long terme », explique Frédéric Gourdeau. Par ailleurs, les gérants veillent à ce que chaque paire présente un risque très spécifique, et ce pour maximiser la diversification du portefeuille. « Nous nous livrons donc à de nombreuses analyses statistiques pour vérifier que les paris que nous prenons ne sont pas liés les uns aux autres », précise Frédéric Gourdeau.

Levier. Ce produit reste conforme à la réglementation Ucits mais il peut utiliser un effet de levier pour atteindre sa volatilité cible, aux environs de 7 %. L’exposition brute du fonds (la somme des positions à l’achat et à la vente) pourra donc monter jusqu’à 300 % de son actif. « Nous n’avons pas voulu nous cantonner à un profil de performance proche du monétaire, l’utilisation d’un levier nous permet, tout en maîtrisant notre risque, de viser un rendement de 10 % par an », déclare le gérant.