Marchés d’actions

Un juste retour des fondamentaux

La victoire d’Emmanuel Macron a fait baisser le risque politique sur les actions
Les allocataires mettent aujourd’hui en avant le potentiel retrouvé de la classe d’actifs
Bloomberg, Emmanuel Macron, le dimanche 7 mai 2017 au Louvre.

La victoire d’Emmanuel Macron apparaît sans appel, mais dès les résultats du premier tour connus, de nombreux investisseurs considéraient déjà que l’élection en France était jouée, misant sur l’accession au pouvoir de ce candidat, plus favorable à l’Europe et à sa monnaie. « Une très grande partie de l’incertitude est levée et on peut désormais regarder la France et les marchés français avec une bien plus faible prime de risque, et se concentrer sur les fondamentaux », estimait d’ailleurs Philippe Ithurbide, directeur recherche, stratégie et analyse chez Amundi, avant même les résultats du second tour de l’élection.

A la fin du mois d’avril, déjà, selon les données d’EPFR, les flux sur les actions européennes marquaient une forte accélération, après plusieurs semaines consécutives de collecte positive. Autre signe de la baisse des inquiétudes, sur le marché des obligations d’Etat cette fois, les écarts sur les taux à 10 ans entre l’Allemagne et la France sont redescendus à 0,43 %, se resserrant de 25 points de base entre les deux tours.

Optimisme.

Si les résultats définitifs de l’élection contribuent à ce rebond des marchés, ce mouvement est aussi dû à des chiffres macroéconomiques encourageants pour le continent. Ainsi, l’indicateur de sentiment économique (ESI) (calculé à partir de l’indicateur de confiance de l’industrie, des services, des consommateurs, de la construction et du commerce de détail), frôle les 110 points (à 109,6 points exactement pour le mois d’avril), soit son plus haut niveau depuis 2007 et le début des crises à répétition. Le chômage reste orienté à la baisse, même si les derniers chiffres pour le mois de mars indiquant un taux de 9,5 % pour la zone euro se révèlent très légèrement supérieurs aux anticipations des économistes qui attendaient plutôt un taux de chômage à 9,4 %.

La zone euro affiche au premier trimestre une croissance annualisée corrigée des variations saisonnières de 1,6 %, contre 0,7 % pour les Etats-Unis. « L’Europe n’est plus en récession et contribue même positivement à la croissance mondiale, constate Eric Turjeman, directeur des gestions actions et convertibles chez Ofi AM. Alors que la Fed a entamé un cycle de resserrement monétaire, après dix années de politiques ultra accommodantes, le risque d’une augmentation des taux par la BCE au cours des prochains mois est très faible », continue le professionnel.

Bonnes surprises.

Sur le plan microéconomique aussi, les bonnes surprises s’accumulent, avec des révisions d’attentes des bénéfices des entreprises pour 2017 en hausse. Bank of America Merrill Lynch a, par exemple, relevé en avril ses prévisions de bénéfices à 15 % (contre 11 % précédemment) sur les actions européennes, pour arriver à un niveau proche de celui du consensus. Emmanuel Auboyneau et Xavier d’Ornellas, gérants associés chez Amplegest, estiment ainsi que « la combinaison d’une atténuation du risque politique et d’une accélération de la croissance rend le terrain de jeu attractif pour les investisseurs, particulièrement en Europe. Les bonnes publications de la plupart des entreprises européennes sont la conséquence logique de cette embellie économique ».

Ainsi, même si les indices ont déjà bien progressé depuis le début de l’année, les flux pourraient continuer de se diriger vers les actions européennes. « L’Europe reste très sous-pondérée dans les grandes gestions internationales. Les flux internationaux de capitaux pourraient donc affluer sur les marchés européens au cours des prochaines semaines, donnant une fenêtre de tir favorable aux marchés », concluent Emmanuel Auboyneau et Xavier d’Ornellas.