Un Français sur deux ne sait pas ce qu’est un rendement

Le dernier baromètre d’Altaprofits démontre leur faible niveau de culture économique et décrypte les habitudes d’épargne des ménages.

Pour ceux qui en doutaient encore, le dernier baromètre d’Altaprofits confirme le niveau de connaissances économiques médiocre des Français. L’assureur vie en ligne a présenté mardi 22 septembre son étude réalisée en partenariat avec l’Ifop. Près de 2.500 personnes ont été interrogées sur leur savoir en finance et leurs habitudes d’épargne. 

Les Français lucides sur leur niveau de connaissance économique

Epargnants oui, mais pas pour autant bons en économie. Les sondés ont été invités à évaluer leur niveau de connaissance en la matière. Leur note moyenne atteint un petit 4,95/10. Ils ne sont que 13 % à se donner une note comprise entre 8 et 10. Encore plus révélateur : seulement 52 % des sondés ont identifié la bonne définition de « rendement » parmi plusieurs propositions, 69 % celle de « l’inflation ». Bien qu’il s’agisse seulement de deux questions tests, ces résultats démontrent que les Français ont conscience de leur manque de connaissances en économie, ce qui influe sur « leur capacité à évaluer et à agir sur leur situation économique », analyse Stella Cohen, directrice générale d’Altaprofits. Elle ajoute que le rôle du banquier auprès des Français a beaucoup évolué ces dernières années : « il n’est désormais plus leur interlocuteur de référence en matière d’épargne puisqu’ils  préfèrent chercher de l’information par leurs propres moyens ».

Deux récentes annonces semblent montrer que les pouvoirs publics ont enfin décidé de se saisir du sujet. Après avoir annoncé un programme de conférences pour le grand public avec l’ACPR, l’AMF a lancé un MOOC en partenariat avec l’Institut national de la consommation (INC) pour apprendre à placer son épargne et gérer ses placements au plus juste.

Un peuple de fourmis

On le savait déjà, les Français épargnent beaucoup. Ils l’ont fait plus que jamais pendant le confinement. Et pourtant, en moyenne, ils déclarent posséder seulement 39.870 euros d’épargne (contre 44.217 euros en 2019 dans le précédent baromètre). Un montant qui peut sembler faible et qui révèle de fortes disparités : 42 % déclarent posséder moins de 5.000 euros de côté, 22 % moins de 1.000, et 12 % plus de 80.000 euros. Pour Altaprofits et l’IFOP, cette diminution est essentiellement à attribuer à « la baisse de la valorisation de certains actifs ».

« Les français épargnent beaucoup et le font fréquemment », commente Romain Bendavid, directeur de l’expertise corporate à l’IFOP. 44 % des sondés épargnent au moins une fois par mois et 74 % au moins une fois tous les six mois. Plus étonnant, les Français ne sont pas suréquipés en produits d’épargne. A peine plus de la moitié (53 %) déclarent en posséder plusieurs, 30 % un seul.