Actions émergentes

Un fonds sur les small caps d’Europe de l’Est

La thématique des émergents intéresse aujourd’hui de plus en plus les investisseurs
Quaero Capital ouvre à la commercialisation un nouveau fonds de stock-picking
DR, Arrash Zafari, Gérant, Quaero Capital

L’été a marqué un véritable virage dans les préconisations d’allocations. Si cela fait plusieurs mois que les marchés émergents surperforment les bourses des pays développés, c’est seulement depuis quelques semaines que la surpondération de cette zone géographique est devenue courante chez les allocataires. Il existe de nombreux fonds d’actions exposés aux émergents, mais Quaero Capital, qui gère 1,3 milliard d’euros via des fonds et des mandats, a décidé se positionner sur une niche en lançant son fonds New Europe, investi sur les petites capitalisations d’Europe de l’Est. Il est géré par Arrash Zafari, qui est déjà responsable d’une poche sur cette classe d’actifs dans le fonds Argonaut de la société, qui, avec presque 300 millions d’euros d’encours, est actuellement fermé à la commercialisation pour les nouveaux investisseurs. Le nouveau produit de Quaero, ouvert à la commercialisation il y a à peine trois mois, compte aujourd’hui 32 millions d’euros sous gestion, dont 20 apportés par un investisseur institutionnel.

Conjoncture. Ce n’est pas un hasard si le gestionnaire a décidé de proposer son produit maintenant. Outre une demande pour les émergents qui tend à se concrétiser, plusieurs éléments conjoncturels et structurels l’ont décidé à passer le pas. Le gérant souligne ainsi que la valorisation des marché d’Europe de l’Est se révèle aujourd’hui plus basse non seulement que celle des marchés développés, mais aussi que celle d’autres zones émergentes. Ainsi, le ratio de cours sur bénéfice ajusté du cycle (le CAPE ratio, ou Shiller ratio) pour les émergents européens n’est que de 5, contre 24 pour le marché américain, 17 pour l’Europe et 11,7 pour l’ensemble des émergents. Ensuite, selon le gérant, la zone devrait bénéficier de flux positifs. « En général, les émergents européens sont de grands bénéficiaires des flux vers l’Europe », explique le gestionnaire dans sa présentation du fonds. Enfin, Arrash Zafari veut profiter du fait que les valeurs d’Europe de l’Est de petite et moyenne taille restent très peu suivies par les analystes, et donc recèlent d’opportunités qui ne sont pas encore prises en compte par les marchés.

Stock-picking. Pour sélectionner ses valeurs, Arrash Zafari veut profiter de ce qu’il appelle la « zone grise », c’est-à-dire les entreprises sur lesquelles il est difficile d’obtenir des informations par les canaux traditionnels. « Sur ces sociétés, il n’est pas rare que les informations relayées par les analystes ou les agences soient fausses ou pas à jour », explique le gérant. C’est une des raisons pour lesquelles ce dernier, basé à Londres et habitant en Roumanie, passe le plus clair de son temps à visiter ces sociétés (plus de 300 par an). Et si la croissance de l’activité des entreprises ou leur valorisation constituent des critères d’investissement prépondérants, le gestionnaire accorde aussi une importance toute particulière à la gouvernance, un sujet particulièrement sensible dans les émergents. Et plus largement, le gestionnaire estime que « la prise en compte des opportunités et des risques liés aux critères ESG des entreprises est la clé de voute de toute création de valeur durable, qui bénéficie à tous les actionnaires ». Finalement, à partir d’un univers d’investissement de plusieurs milliers de sociétés, le gérant finit par en sélectionner entre 30 et 40 qu’il conserve généralement plusieurs années (le taux de rotation du portefeuille est en dessous de 25 %).

Contrôle du risque. Evidemment, la liquidité est un point que le gérant surveille également. Ainsi, plus de la moitié du portefeuille peut être liquidée en moins de 10 jours et son fonds sera fermé à la commercialisation s’il dépasse 200 millions d’euros. Mais Arrash Zafari compte profiter de cette prime d’illiquidité, car « investir dans des petites entreprises est le seul moyen de s’exposer à des secteurs en forte croissance, comme la technologie, explique-t-il. Dans beaucoup de ces pays émergents, les grandes valeurs se trouvent encore souvent dans des secteurs liés aux matières premières, qui présentent aujourd’hui un potentiel bien moindre »