Actions européennes

Un fonds sur la croissance des dividendes

La société Pergam développe sa gestion collective avec le lancement de Pergan Rising Dividend
Le fonds est géré par Jean-Marc Fraysse et Pierre Schell, précédemment gérants chez RAB Capital à Londres
Olivier Combastet

Spécialisée à l’origine sur la gestion sous mandat et le conseil en investissement, et après un premier galop d’essai sur la gestion collective en 2011, Pergam veut aujourd’hui résolument développer cette activité. Il y a deux ans, la société a ainsi lancé un fonds à échéance sur les obligations investment grade, qu’elle a remboursé par anticipation – le produit ayant atteint prématurément son objectif de performance. Aujourd’hui, elle propose Pergam Rising Dividend, le premier compartiment d’une Sicav luxembourgeoise.

Ce fonds est géré par Jean-Marc Fraysse et Pierre Schell, deux gérants installés à Londres dont les encours ont totalisé, avant de s’associer avec le gestionnaire, jusqu’à 1,8 milliard d’euros. Ce nouveau produit sera administré depuis la capitale britannique, lorsque la filiale que Pergam a créée pour l’occasion avec les deux gérants aura reçu tous les agréments nécessaires de la part de la Financial Services Authority (la FSA, l’équivalent anglais de l’Autorité des marchés financiers en France).

La distribution du fonds, d’abord auprès des petites institutions, de family offices et de clients privés, puis auprès d’institutionnels, sera assurée par trois personnes en France, une personne pour le Benelux et par les équipes installées à Londes pour la Grande-Bretagne.

Positionnement différenciant.

Pour son premier fonds de gestion collective ouvert (le fonds d’obligations à échéance n’avait été distribué qu’à un nombre restreint de clients historiques du gestionnaire), Pergam a voulu proposer un produit pouvant convenir à une clientèle très large – il est investi sur les actions européennes – mais présentant un point de différenciation fort par rapport aux offres existantes. Ce fonds a donc comme principe de se positionner sur des sociétés dont les dividendes affichent une croissance.

L’univers d’investissement est constitué de sociétés paneuropéennes (hors émergents d’Europe de l’Est ou la Turquie) de toutes tailles de capitalisations. « Ce type de fonds, se concentrant sur les sociétés à dividendes en croissance, est courant aux Etats-Unis mais, à notre connaissance, c’est un des premiers fonds de ce type en Europe », note Olivier Combastet, le président de Pergam.

Historique robuste.

La décision de se limiter à ce type de valeurs est liée à plusieurs constats. « Sur le long terme, les sociétés distribuant un dividende présentent une volatilité inférieure à celles qui n’en distribuent pas et inférieure à l’ensemble du marché », explique Pierre Schell. Autre argument avancé par le gérant, les entreprises versant un dividende performent généralement mieux que les autres. « Depuis 1988, les entreprises européennes versant un dividende ont battu trois années sur quatre l’indice Stoxx 600 dividendes réinvestis », continue-t-il.

A partir de son univers d’investissement (soit environ 880 valeurs qui distribuent un dividende), la société applique un premier filtre quantitatif. Elle sélectionne les entreprises en fonction de la qualité de leur bilan et de leur management, mais aussi à partir d’événements qui pourraient entraîner une évolution à moyen terme. Il peut s’agir, par exemple, du lancement de nouveaux produits ou d’un changement de management. Enfin, les gérants se livrent à une analyse fondamentale pour valider la persistance à venir de la croissance du dividende (le gérant peut investir sur certaines sociétés qui commencent tout juste à distribuer alors qu’elles ne le faisaient pas encore), la robustesse du modèle des entreprises et leur potentiel. Finalement, le portefeuille comporte de 40 à 60 valeurs et est optimisé pour éviter les biais sectoriels ou de taille de capitalisation.