Actions internationales

Un fonds pour profiter des ruptures technologiques

CPR lance Global Disruptive Opportunities, un nouveau fonds thématique d’actions internationales
Ce produit veut investir sur les entreprises qui ont la capacité de bouleverser les modèles économiques existants
Jorge Fidel Alvarez, Estelle Ménard, responsable adjointe des gestions actions thématiques, CPR et Wesley Lebeau gérant actions thématiques, CPR

En moins d’une dizaine d’année, elles sont devenues des stars : Google, Apple, Amazon, Facebook puis Uber, Netflix, Airbnb… Toutes ces sociétés ont un point commun, celui d’avoir changé l’équilibre économique de leur secteur. Ce sont des entreprises disruptives, qui ont su rompre avec les codes établis pour proposer de nouveaux services ou améliorer des offres existantes.

Nombreux sont les investisseurs à vouloir accompagner ces sociétés dans leur croissance et profiter ainsi de la performance boursière – lorsqu’elles sont cotées – qu’elles peuvent procurer. Pour rappel, début 2007, avant la sortie de son téléphone qui a bouleversé le secteur du mobile, le cours d’Apple était tout juste supérieur à 12 dollars. Actuellement, une même action de la société vaut 119 dollars, presque dix fois plus. De la même manière, à la même période, une action Amazon valait environ 38 dollars, un cours plus de vingt fois inférieur aux 800 dollars d’aujourd’hui.

Le thème de la disruption était trop beau pour que CPR AM, qui veut « affirmer sa place de leader européen de la gestion thématique », ne s’en empare. Le gestionnaire vient donc de lancer le CPR Global Disruptive Opportunities, un fonds d’actions internationales multisectoriel, comme l’avait fait il y a quelques mois la financière Arbevel mais sur des valeurs européennes (L’Agefi Actifs n°671, p. 30).

Définition de l’univers. En premier lieu, partant de l’univers mondial des actions, CPR identifie quelles sociétés sont – ou seront – disruptives. « Cela passe inévitablement par une innovation », explique Estelle Ménard, qui cogère le fonds avec Wesley Lebeau. « Mais l’innovation n’est pas tout. Celle-ci doit conduire à une transformation du marché existant. C’est seulement à ce moment-là que l’on peut parler de disruption », continue la gérante.

D’un univers de plusieurs milliers d’actions internationales, les gérants arrivent à une sélection restreinte d’environ 600 titres. Ils s’appuient pour cela sur leurs équipes de recherche internes – chez CPR et Amundi – et recourent aussi au cabinet Deloitte pour suivre les innovations partout dans le monde. Une fois ces valeurs identifiées, CPR applique son modèle propriétaire d’analyse fondamentale pour sélectionner les 80 lignes qui constituent le portefeuille.

Limiter les biais. Même si la technologie est davantage représentée (46,4 % de l’univers disruptif identifié par CPR et 38 % pour le fonds), de nombreux secteurs constituent des sources de valeurs entrant dans les critères de choix du gérant. Le produit est investi, par exemple, dans les secteurs de la santé, qui représente 24 % du fonds (et 17 % de l’univers) ou de l’industrie pour 12 % du fonds (contre 13,9 % de l’univers). Par ailleurs, si les sociétés disruptives sont surreprésentées dans les petites capitalisations, le fonds se positionne davantage sur des entreprises plus matures. Ainsi, lorsque 60 % des sociétés disruptives présentent une capitalisation inférieure à 5 milliards de dollars, le fonds n’a qu’un peu plus de 20 % de titres de cette taille en portefeuille et, inversement, alors que les valeurs entre 10 et 200 milliards de dollars de capitalisation représentent 25 % de l’univers, elles pèsent pour presque 50 % du fonds.

Pas de surprise en revanche du côté de la répartition géographique puisque le fonds est exposé à plus de 70 % sur les Etats-Unis, 10 % sur l’Europe et 10 % sur le Japon, des chiffres comparables à ceux du MSCI World.

Finalement, même si ce produit reste un produit sur le segment croissance, les ratios de valorisation demeurent « raisonnables », ce qui fait dire à Estelle Ménard que « même dans un environnement où les indices value surperforment les indices croissance (comme depuis plusieurs mois, ndlr), il est possible de trouver des valeurs disruptives qui arrivent à bien performer ».