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Un fonds long/short sur les financières européennes

Axiom AI, gestionnaire spécialisé sur les valeurs bancaires, lance un fonds se positionnant à l’achat et à la vente sur les banques
Ce produit présente une exposition neutre au marché et utilise le même processus de gestion que son fonds sectoriel traditionnel
David Benamou, associé-gérant, Axiom AI

Les valeurs bancaires européennes, un mois à peine après le début de l’année, présentent déjà une performance proche de 8 %, contre un indice européen en hausse de 3,4 %.

Et même si le secteur dans son ensemble n’a pas de raison de sous-performer le reste de la cote, Axiom AI, qui gère 1,2 milliard d’euros et qui est devenu, depuis plusieurs années, un spécialiste des valeurs financières, lance aujourd’hui Axiom Long Short Equity. Ce fonds agit à l’achat comme à la vente sur les valeurs du secteur, il présente une exposition neutre au marché et vise un objectif de performance annuel de 5 à 7 % pour une volatilité inférieure à 4. Ce produit complète la gamme d’Axiom, qui propose déjà sur les entreprises financières des produits sur la plupart des classes d’actifs.

Neutralité. Concrètement, à partir d’un univers d’investissement de 120 valeurs, le fonds sera composé de 20 titres à l’achat et de 20 titres à la vente. Le processus de gestion suit la même logique que celui utilisé pour le fonds d’actions financières géré par le gérant, mêlant une approche de long terme basée sur l’analyse fondamentale et une approche de moyen terme reposant sur des outils quantitatifs. Une partie du portefeuille est construite à partir de l’analyse fondamentale des gestionnaires (8 positions longues et 8 positions vendeuses) tandis que l’autre partie (12 positions acheteuses et 12 positions vendeuses), élaborée de manière plus quantitative, se base sur les changements d’opinions des analystes.

Secteur bien orienté. Sur la partie du fonds à l’achat, le gestionnaire compte profiter de la conjoncture qu’il juge aujourd’hui particulièrement favorable au secteur. « L’année 2017 a été une année de transition pour le secteur bancaire, car elle se termine en décembre par l’accord de Bâle. Cela met fin à une décennie d’incertitude réglementaire, aussi bien pour les investisseurs que les émetteurs », explique David Benamou, associé-gérant et directeur des investissements d’Axiom AI. Ce dernier prend pour preuve de cette baisse de l’incertitude le fait que ces derniers mois les banques ont régulièrement battu les prévisions des analystes qui, eux-mêmes n’ont cessé de relever leurs prévisions sur les valeurs bancaires. Autre signe du redressement du secteur, les agences de notation ont pris le relais et ont augmenté l’année dernière leurs notations sur les banques européennes.

Par ailleurs, la fin annoncée du programme de rachat de la BCE et la normalisation attendue de sa politique monétaire pourrait augurer d'une remontée des taux qui, même si elle est contenue, sera bénéfique à beaucoup d’institutions financières. « Tout le secteur en profite car les mouvements de taux haussiers permettent aux banques d’augmenter leur marges d’intérêts. Cette conjoncture est notamment très favorable aux banques qui ont d’importantes bases de dépôts et qui n’ont pas pu répercuter à leurs clients la politique de taux de dépôt négatifs que la BCE leur impose depuis trois ans », précise David Benamou.

Certaines banques à la traîne. Si le secteur est attendu en hausse dans son ensemble, pourquoi alors proposer un fonds qui s’expose aussi à la vente sur certains de ces titres ? Même si elles restent minoritaires, certaines banques pourraient ne pas profiter autant que les autres d’une conjoncture pourtant favorable. « Les banques qui auront des difficultés sont par exemple celles qui disposent encore, dans leurs bilans, de beaucoup de prêts non performants ». Ensuite, le gérant va investir en priorité sur les banques qui se trouvent en excès de capital et qui vont distribuer d’importants dividendes alors que celles qui ont des contraintes sur le paiement de ces dividendes pourront faire partie du portefeuille vendeur du gestionnaire.

Demande client. Dernier argument – et non des moindres – qui a convaincu le gérant de lancer ce produit, « c’est une demande forte des investisseurs, déclare David Benamou. Certains d’entre eux ont encore en mémoire les difficultés passées du secteur et restent  méfiants sur les valeurs bancaires. Le long / short est une manière pour eux d’aborder les valeurs bancaires sans trop de risques ».