Obligations d'entreprises

Un fonds court terme sur les corporate émergents

Pictet AM propose Pictet Short Term Emerging Corporate Bonds
Ce fonds investit principalement sur des obligations de bonne qualité

Avec des taux d’emprunts d’Etat au plus bas, des obligations d’entreprises de bonne qualité très peu rémunératrices, des obligations high yield au plus haut, les investisseurs commencent à avoir épuisé toutes leurs sources de rendement. Restent les émergents. Mais après avoir été plébiscités il y a quelques années, ces pays demeurent source de défiance. Comment alors convaincre les investisseurs de revenir sur cette zone géographique ? Pictet AM propose aujourd’hui Pictet Short Term Emerging Corporate Bonds, un fonds à courte duration investi sur les entreprises émergentes. Il permet aux investisseurs de toucher une partie de la prime de risque des émergents tout en étant moins sensible que d’autres produits à duration plus longue à une remontée des taux. Le fonds est géré par Alain-Nsiosa Defise, le responsable de la dette émergente d’entreprise chez Pictet AM.

Sélection de titres.

Le processus de gestion du nouveau fonds de Pictet n’est pas nouveau. Ce produit reprendra les bases de sélection de titres utilisées sur le fonds phare de la société investi sur les obligations libellées en devises fortes (principalement le dollar) d’entreprises émergentes (lui aussi géré par Alain-Nsiosa Defise) et dont les encours avoisinent 1,2 milliard de dollars. Le nouveau produit de Pictet investit principalement dans les titres d’entreprises de meilleure qualité (investment grade) et se concentre sur ceux dont la duration est comprise entre un et quatre ans, avec une poche de 10 % pouvant atteindre une duration de six ans. Le fonds, dans son ensemble, présentera une duration de trois ans.

« Nous sommes avant tout des bond-pickers. Nos équipes de recherche et d’analyse sélectionnent d’abord les titres en fonction de différents critères financiers et du risque de défaut des émetteurs », explique le gérant. Le fonds comprendra une petite centaine de lignes pour un univers d’investissement d’environ 300 milliards de dollars (contre un univers d’environs 1.000 milliards de dollars pour le gisement des obligations d’entreprises émergentes de toutes maturités). Il pourra aussi, très à la marge, investir dans certains titres de dette souveraine. « Notre fonds fait bénéficier aux investisseurs de la prime d’illiquidité qui existe parfois sur les obligations d’entreprises émergentes. C’est pour cela que nous gérons le fonds avec une technique de buy and hold, c’est-à-dire que nous avons vocation à conserver les lignes en portefeuille jusqu’à leur échéance. Nous ne sommes pas un fonds de trading », précise le gérant.

Le fonds étant investi sur des titres émis en dollars, il reste tributaire de l’évolution des taux d’intérêt américains. Mais « l’évolution des taux américains reste beaucoup plus prévisible que l’évolution des taux des banques centrales émergentes, précise le gérant. Sans compter qu’il est difficile – voire impossible – de trouver aujourd’hui des titres en monnaie locale qui répondent à la fois à nos exigences de duration et de liquidité ».

Filtre macroéconomique.

Après avoir effectué sa sélection de titres, le gérant applique ensuite un filtre prenant en compte les éléments macroéconomiques. Ainsi, dans un univers d’investissement dominé par l’Asie (45 %), le Moyen-Orient (23 %) et dans lequel le secteur des banques reste surreprésenté (53 %), le gérant a choisi de limiter son exposition à la Russie et au Moyen-Orient. Cette décision implique une sous-pondération du fonds sur les titres des bancaires car ces dernières restent très présentes dans ces zones.

Finalement, le gérant dispose d’une certaine latitude pour s’éloigner de son indice de référence, le JPMorgan Cembi Diversified 1-3 ans, dont le rendement est de l’ordre de 3 %. « Mais beaucoup de titres de cet indice ne sont pas investissables. Le rendement du fonds est, lui, de 2,5 %, soit 150 points de base supérieur au taux 3 ans américain et proche du high yield outre-Atlantique sur des échéances comparables. Ce fonds est donc une bonne manière d’aller chercher du rendement pour les investisseurs qui peuvent avoir des inquiétudes sur l’impact d’une remontée des taux sur les obligations », conclut le gérant.