Un été calme pour l’emprunt immobilier

Des banques ont à nouveau ajusté leurs barèmes à la baisse, avec des taux inférieurs à 1,50 % pour les meilleurs dossiers
Le marché reste très favorable à l’emprunt immobilier, une tendance qui devrait durer jusqu’à la fin de l’année
Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études de Empruntis

La sérénité prédomine sur le front des taux de crédit cet été. Alors que les observateurs s’attendaient l’an dernier à une remontée des barèmes de crédit immobilier, il n’en est rien à la mi-2018. Encore extrêmement attractifs, ils s’établissent en moyenne entre 1,35 % sur 20 ans chez In&Fi Crédits et 1,50 % chez Vousfinancer.com. Parmi les taux les plus bas du marché, Empruntis ou Meilleurtaux parviennent à négocier jusqu’à 1,12 % auprès de ses établissements bancaires partenaires. De l’avis des courtiers, l’activité reprend, après un premier trimestre plutôt calme sur le front de l’emprunt, sous l’effet du recentrage du PTZ et de la suppression de l’APL Accession dans le neuf. Une tendance confortée localement par la hausse des prix de l’immobilier, et une pénurie de biens sur certains marchés.

Nouvelles baisses. « Le mois de juillet est quasi-stable comparé à juin, avec des niveaux comparables à ceux de l’automne 2016, explique Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études d’Empruntis. Les banques continuent à vouloir capter la clientèle, en offrant des décotes jusqu’à 40 centimes pour les excellents dossiers. D’habitude, l’été est une période d’essoufflement, or ce n’est pas le cas actuellement ». Même son de cloche chez Cafpi : «  la tendance reste stable, très favorable aux emprunteurs. On s’attendait à la hausse, mais on observe une nouvelle chute après la baisse des OAT, indicateur du coût de l’argent des banques », appuie Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier en crédits. Les emprunteurs gardent donc la main, dans la mesure où « l’appétence des banques pour les emprunteurs reste très forte. Elles ont beaucoup d’argent disponible, et les taux sont un outil de conquête », ajoute l’expert.

Tous les profils concernés. Les emprunteurs présentant les meilleurs dossiers restent particulièrement choyés : « comme les mois précédents, les banques pratiquent un régime de décotes de manière quasi-systématique et les taux obtenus sont le plus souvent nettement inférieurs aux taux moyens y compris pour des dossiers sans apport, notamment dans les régions où le marché n’est pas ultra-dynamique », explique Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com. Mais ce sont bien tous les profils qui voient leur capacité d’achat progresser. Car en complément de la bassesse des taux, l’assurance-crédit est aussi meilleur marché que l’année dernière après la faculté de résiliation annuelle à la date anniversaire du prêt offerte par l’amendement Bourquin, en janvier dernier.

Des banques encore aggressives sur les tarifs. Cet environnement pourrait encore rester favorable un certain temps. « À court terme, après la rentrée, certaines banques pourraient même de nouveau être agressives sur le plan tarifaire pour engranger de nouveaux clients », indique Ulrich Maurel, président du directoire de la Compagnie européenne de crédit. Pour la fin de l’année, les courtiers ont un peu moins de visibilité sur la volonté des établissements bancaires de capter de nouveaux clients, alors que les demandes de renégociations de prêt ont tendance à baisser.

Hausse progressive. Mais qu’on se le dise, la donne devrait changer l’an prochain. « La tendance de fond va bien vers une remontée graduelle des taux, sous l’effet du retour de l’inflation », avertit Philippe Taboret.
Au-delà des décisions qui seront prises par les banques centrales et des politiques de quantitative easing au plan macro-économique, plusieurs facteurs sont susceptibles de jouer sur le plan national dans les mois à venir : « des effets de bord sont à prévoir après la disparition du Crédit Foncier. En revanche, le prélèvement à la source ne devrait avoir qu’un “effet psychologique”, même si des interrogations demeurent sur l’investissement locatif », conclut-on chez Empruntis.