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Twenty First Capital

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Le ralentissement modéré de l’économie mondiale, les problèmes politiques européens avec la montée du protectionnisme et les risques induits par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ont provoqué une surréaction des marchés à la baisse. Notre modèle de valorisation des marchés, qui actualise les cash-flows futurs des sociétés en tenant compte d’une prime de risque élevée, juge cette correction excessive. D’après notre modèle, la sous-évaluation des marchés d’actions en Europe atteint désormais près de 20 %, soit un niveau proche de mars 2009…
 On ne peut toutefois pas ignorer un ralentissement de la croissance, notamment chez les grands pays exportateurs que sont la Chine et l’Allemagne. Pour Mario Draghi, si la croissance continue de la zone euro prouve le bien-fondé de la politique monétaire de la BCE, les risques, qui vont du protectionnisme à la menace d’un « hard Brexit », sont orientés à la hausse. Du fait des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, le moral des investisseurs allemands s’est détérioré bien plus que prévu. Dans ce contexte, le gouvernement allemand a abaissé ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019, tablant dans les deux cas sur une hausse de 1,8 % du PIB. Ses prévisions précédentes étaient de 2,3 % pour 2018 et de 2,1 % pour 2019.
 Aux Etats-Unis, les investisseurs craignent également un ralentissement de l’économie. Pourtant, le taux de chômage est tombé à 3,7 %, un niveau inédit depuis décembre 1969, et les salaires ont progressé de plus de 3 %, une première depuis 2009. Il convient par ailleurs de noter que le taux d’épargne des ménages américains est proche de 7 %, un niveau rassurant et particulièrement élevé à ce stade du cycle. C’est pourquoi nous ne croyons pas à l’imminence d’une récession aux Etats-Unis. Les indicateurs économiques avancés confirment d’ailleurs que le risque d’une récession dans un avenir proche est faible. La croissance de l’économie américaine pourrait ralentir dans les mois à venir, mais restera certainement encore vigoureuse.
 Nous estimons ainsi que cette correction constitue une belle opportunité d’investissement. Les raisons qui ont provoqué la baisse des marchés pourraient d’ailleurs susciter un rallye de fin d’année en cas d’amélioration, que ce soit en provenance du Brexit, de l’Italie ou du G20. En outre, la chute des prix du pétrole depuis mi-octobre, la baisse des taux d’intérêt à long terme revenus à près de 3 % aux Etats-Unis ainsi que les nouvelles mesures de stimulation budgétaire en Chine devraient contribuer à stabiliser, voire à relancer la croissance mondiale en 2019. Enfin, compte tenu des incertitudes macroéconomiques et politiques actuelles, il est probable que les banques centrales fassent preuve d’attentisme et on ne peut exclure une politique monétaire de la Fed légèrement moins restrictive que prévu, ne serait-ce qu’en raison de la hausse du dollar.
 Nous restons par conséquent investis sur les marchés financiers et maintenons notre exposition en actions au sein de nos portefeuilles du fait de valorisations fort attrayantes, surtout en Europe où le rendement des dividendes peut atteindre plus de 5 %. Les entreprises européennes devraient bénéficier de la poursuite de la croissance mondiale en 2019, d’une politique monétaire toujours accommodante et de la forte hausse du dollar contre l’euro. En particulier, le potentiel de performance des petites et moyennes capitalisations n’a jamais été aussi élevé depuis 2008, compte tenu des fortes baisses de cours enregistrées sur certaines valeurs, et ce, dans des volumes paradoxalement très faibles. La correction généralisée des marchés émergents constitue également d’après nous une opportunité : les actions des pays émergents se traitent désormais en-dessous de leur moyenne de long terme en termes de PER et avec une décote de plus de 30 % par rapport aux actions des pays développés. Nous privilégions en particulier les marchés asiatiques afin de tirer parti de la sous-évaluation à la fois des actions et des devises locales. Dans un souci de diversification, nous continuons d’investir sur les obligations d’entreprises européennes dont le rendement est également redevenu attrayant après la récente correction : le rendement des obligations high yield en euros atteint désormais plus de 5 %.


Points forts du marché :
Des niveaux de valorisation très attrayants
La hausse du dollar
La baisse du pétrole

Points faibles du marché :
La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine
Le risque d’un « hard Brexit »
La montée du protectionnisme