Transparence : les fintech se défendent

Les robo-advisors français se défendent face aux accusations de manque de transparence de Better Finance.
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C’est une étude qui a du mal à passer. Mercredi dernier, Better Finance, la fédération des investisseurs particuliers européens publiait son cinquième rapport annuel sur les robo-advisors. Après avoir passé 17 sociétés au peigne fin, elle dressait un constat amer : la majorité manque de transparence. Selon l'enquête, 82% des robots-conseillers testés dévoilent leurs frais une fois un questionnaire rempli par le prospect. Seuls trois des 17 robots-conseillers étudiés comparent la performance passée affichée à un indice. Pire : seulement cinq d’entre eux avertissent que les performances passées ne préjugent pas des performances actuelles et futures. Le rapport confirme en outre une tendance observée les années précédentes, à savoir que les commissions des robots-conseillers demeurent plus élevées en Europe qu’aux Etats-Unis, en Australie ou à Singapour.

La french fintech se rebiffe

Du côté des fintech françaises, on réfute ce constat. Notamment chez Yomoni, qui axe sa stratégie sur la transparence. Son président Sébastien d’Ornano plaide pour distinguer les robo-advisors qui « se sont beaucoup exposés en publiant dès leur première année leurs chiffres au grand public et qui s'imposent de publier de manière très récurrente (…) des informations qui éclairent les prospects ».

Même son de cloche chez son concurrent Nalo, où on n’hésite pas à parler d’un « faux procès » : « les maisons de gestion traditionnelles dévoilent rarement en minutie le détail leur stratégie de gestion et encore moins leur machinerie interne », gronde Guillaume Piard son dirigeant. Il concède toutefois que des progrès « pourraient être faits sur la transparence relative au fonctionnement [des] algorithmes et [de la] méthode de gestion » de sa société.

Il revient également sur la critique de Better Finance concernant les divergences d’exposition actions en fonction des profils. Une critique infondée et un concept « obsolète » selon lui. « On ne peut en aucun cas déterminer une allocation simplement en fonction d'une tranche d'âge (millenial, baby-boomer) et d'un profil de risque théorique. Il faut prendre en compte les revenus, la situation personnelle et surtout les projets de chacun. Il est naturel que l'exposition au risque d'un millenial diffère s'il souhaite préparer sa retraite ou s'acheter un appartement dans 3 ans » !

Le bilan 2020 des fintechs

En matière de transparence, il est vrai que les fintechs françaises jouent plutôt carte sur table. Yomoni affiche ses frais sur son site Internet avant le parcours de souscription et a présenté ses résultats dès la première année, quitte à faire sourire certains acteurs et observateurs…Elle a d’ailleurs annoncé ce jeudi 28 janvier avoir atteint 320 millions d’euros d’encours sous gestion à fin décembre 2020 et franchit la barre des 25.600 clients sur l’année 2020. En revanche, c’est la première fois que Nalo se prêtait à l’exercice lors d’un point presse ce matin. Guillaume Piard a annoncé avoir atteint 170 millions d’euros d’encours et convaincu 7.570 clients. Pour sa part, Mon Petit Placement lancé l’année dernière, revendique 1.500 clients pour 5 millions d’euros d’encours.