Performance absolue

Syz AM lance un fonds risk premia global

Le gestionnaire vient de lancer un fonds global en complément de son produit européen utilisant aussi les « risk premia »
Ce nouvel OPCVM de performance absolue est exclusivement exposé aux primes de risque sur les marchés d’actions
DR, Guido Bolliger et Benoît Vaucher

Aujourd’hui, les marchés évoluent dans un contexte particulier. Certes, les éléments macro­économiques sont encourageants pour les mois qui viennent, mais la plupart des classes d’actifs présentent des valorisations très élevées et la moindre nouvelle peut faire décaler les indices. Forte de ce contexte, la Banque Syz vient de lancer Oyster Equity Premia global, un fonds systématique de performance absolue sur les primes de risque alternatives (les risk premia) des marchés d’actions mondiaux, qui vise une performance de 5 % avec une volatilité cible du même ordre. « Les investisseurs, après avoir cherché de la rentabilité en diversifiant leurs portefeuilles, cherchent aujourd’hui de nouvelles classes d’actifs ou de nouvelles solutions leur permettant d’obtenir du rendement, mais de manière décorrélée de l’évolution des marchés d’actions, voire des marchés de taux », explique Guido Bolliger, co­responsable de la gestion quantitative chez Syz AM et cogérant du fonds. Les gérants ont adopté, pour ce produit, un mode de gestion comparable à celui du fonds Oyster Market Neutral Europe, utilisant lui aussi des stratégies de risk premia depuis janvier 2017, date à laquelle son processus de gestion a été revu.

Des primes de risque justifiées. Dans leur nouveau fonds, les gérants utilisent six primes de risque, exclusivement sur les actions des pays développés. Ces primes sont bien connues et identifiées par la recherche académique depuis de nombreuses années (L’Agefi Actifs n°673, p. 8). Il s’agit du momentum, de la value, de la qualité, des valeurs à faible volatilité, de la taille de capitalisation et du management. Le gérant veut ainsi profiter des tendances de marché, de la surperformance, sur le long terme, des titres décotés, des sociétés avec une santé financière solide, des titres les moins volatils, des petites capitalisations et des entreprises dont les dirigeants emploient les liquidités à bon escient (en évitant, par exemple, les entreprises qui s’endettent pour distribuer du dividende). « Nous ne choisissons pas seulement ces primes parce qu’elles sont décelables statistiquement. Nous sommes aussi très attentifs à leur justification économique. Nous voulons pouvoir les expliquer par des raisons concrètes, souvent ancrées dans le comportement des investisseurs », explique Benoît Vaucher, cogérant du fonds.

Régionalisation. L’univers d’investissement du fonds est constitué du MSCI World des pays développés. Mais plutôt que de raisonner sur l’univers dans sa globalité, les gérants ont constitué un portefeuille de primes de risque différent selon les régions (Etats-Unis, Europe, Japon et Asie hors Japon). « Certains univers présentent des spécificités qui font que les primes de risque théoriques ne réagissent pas exactement de la même manière ou ne sont pas exploitables », note Benoît Vaucher. Au sein de chaque région, les primes de risque sont pondérées de manière dynamique, surtout en fonction de leurs corrélations entre elles et des coûts de transaction qu’elles engendrent.

Ensuite, le poids des régions est déterminé pour que chacune d’elles représente le même niveau de risque dans le portefeuille (risk parity). « Raisonner par régions nous permet de bénéficier d’une couche de diversification supérieure à celle que nous obtiendrions en raisonnant sur les primes de risque de manière globale. ». Une fois ces sous-­portefeuilles constitués, chacun d’eux est ajusté pour demeurer neutre à chacun de leurs marchés respectifs. « Nous veillons en outre à ce que le portefeuille, non seulement reste neutre au marché, mais ne présente aucun biais sectoriel », précise Benoît Vaucher.

Une neutralité recherchée par tous les clients, mais « si le positionnement du nouveau fonds le destine à tout type de clientèle, nous avons plutôt répondu, avec cette offre spécifique, aux demandes de la clientèle privée », conclut Guido Bolliger.