Standard Life et Aberdeen discutent d'une fusion à 11 milliards de livres

Thomas Carlat, Newsmanagers
La fusion donnerait naissance à un groupe qui disposerait de 660 milliards d'actifs sous gestion.
E.Blanchet

Coup de tonnerre dans l'industrie britannique de la gestion d'actifs! A la suite d'une information de Sky News, Standard Life et Aberdeen Asset Management (Aberdeen) ont confirmé, par communiqué, l'existence de discussions en vue d'une éventuelle fusion. L'opération, entièrement en actions, est valorisée à 11 milliards de livres au regard des capitalisations boursières des deux sociétés. «La fusion potentielle représente une excellente opportunité de mettre en commun les forces de Standard Life et Aberdeen afin de créer une société de gestion d'actifs de dimension mondiale», ont expliqué les deux sociétés.

De fait, cette opération donnerait naissance à un groupe disposant d'environ 660 milliards de livres d'actifs sous gestion et sous administration, selon un communiqué. En termes d'encours, la nouvelle entité ainsi créée serait alors plus importante que le futur groupe constitué par Janus et Henderson (320 milliards de dollars d'encours à eux deux) et elle dépasserait également Schroders, le plus important gestionnaire d'actifs britannique dont les actifs gérés et administrés ont atteint 391,9 milliards de livres à décembre 2016.

Selon les termes de l'accord en discussion, les actionnaires d'Aberdeen détiendraient 33,3% du nouvel ensemble tandis que les actionnaires de Standard Life en auraient 66,7%, ont d'ores et déjà annoncé les deux groupes. Les actionnaires d'Aberdeen recevraient 0,757 d'une nouvelle actionnaire ordinaire Standard Life pour chaque action Aberdeen, ont-ils indiqué. «Les discussions entre les deux parties sont toujours en cours sur les autres termes et conditions de la potentielle fusion», ont-ils précisé.

Dans le cadre de cette fusion, Gerry Grimstone, président de Standard Life, deviendrait le président du conseil d'administration de la nouvelle entité tandis que Simon Troughton, président d'Aberdeen, serait président adjoint. Ce conseil d'administration compterait un nombre égal d'administrateurs de Standard Life et d'Aberdeen, ont souligné les deux groupes. Par ailleurs, Keith Skeoch, directeur général de Standard Life, et Martin Gilbert, directeur général d'Aberdeen, seraient codirecteurs généraux du nouveau groupe ainsi constitué. En outre, Bill Rattray, en provenance d'Aberdeen, et Rod Paris, de Standard Life, officieraient respectivement en qualité de directeur financier (CFO) et de directeur des investissements (CIO).

Les deux gestionnaires estiment que ce rapprochement leur permettrait «d'exploiter les complémentarités de Standard Life et d'Aberdeen sur les marchés de l'investissement et de l'épargne» afin de fournir «une offre de produits et de services à destination des clients couvrant l'ensemble des classes d'actifs». Cette fusion leur permettrait également de «renforcer l'engagement de longue date de Standard Life et d'Aberdeen sur le terrain de la gesion active». Ce rapprochement doit également aboutir à «créer une société de gestion disposant de marques fortes et de solides franchises auprès des institutionnels et de la distribution wholesale». Enfin, cette fusion devrait générer «une augmentation de revenus importante pour les actionnaires des deux groupes grâce à un potentiel de synergies significatif», sans donner plus de détails.

Cette fusion serait une belle opportunité pour Aberdeen de redorer son blason et de déclencher une nouvelle dynamique après avoir subi des retraits massifs de la part de ses investisseurs au cours des dernières années. Durant le dernier trimestre 2016, la société de gestion, exposée en grande partie aux marchés émergents, avait en effet subi une décollecte nette de 10,5 milliards de livres, après 32,8 milliards de livres de sorties nettes enregistrés sur son exercice fiscal 2015-2016 clos au 30 septembre 2016 (lire NewsManagers du 3 février 2017). En outre, en novembre 2016, la société de gestion écossaise avait renoncé à acquérir Pioneer Investments, la filiale de gestion d'actifs d'UniCredit, jugeant le prix trop élevé. «Nous avions réussi à passer au deuxième tour, mais nous nous sommes retirés», avait à l'époque déclaré Martin Gilbert.