Rothschild & Co AM cède sa multigestion alternative à Candriam

Les deux gestionnaires ont annoncé la signature d’un accord en vue du transfert de l’activité, dont les encours atteignent 350 millions d’euros
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Une page se tourne pour la multigestion alternative de Rothschild AM. La société a décidé de se séparer de cette activité, qui ne représente plus chez elle que 350 millions d’euros aujourd’hui contre près de 2 milliards d’euros il y a huit ans, lorsque le gestionnaire multipliait les opérations de croissance externe dans ce domaine. Il vient d’annoncer la signature d’un accord prévoyant le transfert de cette activité à Candriam.

L'opération porte sur les fonds de multigestion alternative ouverts de droit français et de droit luxembourgeois ainsi que des fonds dédiés institutionnels. La multigestion alternative de Candriam totalisera donc environ 700 millions d’euros, sur les 125 milliards d’euros que gère la société (dont 10 milliards en gestion alternative directe ou absolute return).

Attirer de nouveaux clients institutionnels

A terme, les équipes de Rothschild en charge de cette activité, soit quatre personnes, rejoindront Candriam. «Nous croyons au développement de la multigestion alternative et cette opération nous permet d’atteindre une taille critique et d’attirer de nouveaux clients institutionnels sur cette classe d’actifs tout en respectant leurs ratios d’emprise», explique Fabrice Cuchet, deputy CIO de Candriam. Le gestionnaire se tient donc prêt à recevoir des tickets institutionnels de plusieurs dizaines de millions d’euros si la classe d’actifs retrouve les faveurs de cette clientèle.

Plus largement, cet accord permettra à Candriam de développer ses liens avec Rothschild, comme cela avait été le cas en 2018 avec ABN Amro, lorsque le gestionnaire avait repris les activités de gestion directe à Paris de la banque néerlandaise.

De son côté, Rothschild se recentre sur ses activités «cœur» et conserve celles de gestion alternative directe et déléguée. C’est au début des années 2010 que le gestionnaire avait décidé de miser sur la multigestion alternative. La société avait ainsi racheté coup sur coup la société HDF, mise en vente après le décès de son fondateur Hubert du Fretay, puis la société Héritage Asset Management, filiale française de gestion alternative de la banque suisse éponyme. Une époque aujourd’hui révolue.