« Revoir le partage de la valeur entre les acteurs »

Hervé Douard, directeur, Altia.

La période qui s'achève a été très favorable à l’assurance vie en euros avec une surperformance des rendements par rapport au taux instantané du fait de la baisse continue des taux. Malgré les différentes crises, et jusqu’à celle des subprimes, la surperformance des actions a permis de financer en grande partie les frais de gestion. Sous l’impact de la perception du risque de hausse des taux, nous avons assisté à une baisse de la duration du portefeuille obligataire. Aujourd’hui, l’avantage compétitif du rendement se réduit de manière significative avec l’OAT, pour se rapprocher de celui d’une OATi, alors que cette dernière offre une protection contre le risque d’inflation.

Plusieurs questions doivent à présent être réglées. La première concerne la volonté contradictoire du gouvernement qui souhaite a priori favoriser la détention des actions au sein de l’enveloppe assurance vie alors que le cadre prudentiel va se durcir pour les actifs risqués. En effet, si la volonté de moduler le niveau des fonds propres en fonction des risques supportés est une bonne chose - l’afflux passé de l’épargne dans l’assurance vie pouvant aussi en partie s’expliquer par une sous-tarification des risques -, il convient de s’interroger sur le calibrage des besoins en fonds propres exigés par les études actuelles.

La deuxième interrogation porte sur le partage de la performance entre le triptyque assureurs, distributeurs et assurés. Pour le moment, la baisse du taux de rendement a été quasi intégralement supportée par les assurés. Jusqu’à quel niveau pourra-t-on continuer à les laisser supporter seuls cette baisse ? Il va être nécessaire de devenir plus économe et d’optimiser les frais de distribution.

Enfin, reste la question de la mutualisation de la performance entre les différents types d’assurés. Les offres promotionnelles à coup de campagnes marketing comparables à celles de la grande distribution favorisent les nouveaux entrants. Résultat : les fonds de portefeuille rémunèrent les investisseurs à court terme. La logique marketing et la logique financière sont en contradiction.