Quel est le secret d’une bonne planification financière ?

Alex Hoctor-Duncan, responsable de l’activité Retail de BlackRock pour la zone EMEA
Selon la dernière étude Global Investor Pulse de BlackRock les investisseurs qui préparent sérieusement leur avenir financier ont beaucoup plus de chances d’être confiants au moment de prendre des décisions d’épargne et d’investissement
Alex Hoctor-Duncan, responsable de l’activité Retail de BlackRock pour la zone EMEA

La crise économique mondiale a été un casse-tête financier et une épreuve psychologique pour les épargnants. Pendant six ans, ces derniers ont dû ingurgiter leur ration quotidienne de mauvaises nouvelles et ont, pour beaucoup, eu du mal à épargner et à comprendre le climat d’incertitude persistant qui règne sur les marchés. Avec à la clé cette question : que dois-je faire de mon argent ?

Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas des conclusions de l’étude Global Investor Pulse de BlackRock, menée auprès de 17 600 personnes à travers le monde. D’après celle-ci, plus de la moitié des adultes européens portent un regard négatif sur leur avenir financier.

Il existe toutefois des motifs de satisfaction, chacun pouvant prendre des mesures simples pour planifier ses finances. D’après notre enquête, ceux qui préparent sérieusement leur avenir financier ont beaucoup plus de chances d’être confiants au moment de prendre des décisions d’épargne et d’investissement (61 %) et d’être maîtres de leur avenir financier (56 %). Cependant quatre personnes sur dix ne s’intéressent pas à leur situation financière.

Il est intéressant de voir ce qui motive les personnes interrogées à s’intéresser à leurs finances sur le long terme. Pour beaucoup d’entre eux, les étapes importantes de la vie sont un élément déclencheur : plus d’un quart des Européens (27 %) déclarent que le fait d’arriver à un certain âge peut être un facteur déterminant, ou réalisent que la retraite n’est pas un rêve hors d’atteinte mais une réalité de plus en plus palpable (18 %). Pour d’autres, la motivation peut venir de l’achat d’une maison (19 %) ou du remboursement d’un prêt immobilier (20 %). Un constat apparaît toutefois préoccupant : un sondé sur cinq reconnaît n’avoir jamais réfléchi à son avenir financier.

Nous nous sommes également intéressés aux sources d’informations financières auxquelles les investisseurs ont recours. En d’autres termes, qu’est-ce qui influence leurs projets d’investissement et où trouvent-ils leurs idées ? Il ressort de l’enquête que les personnes interrogées sont manifestement réticentes à l’idée de faire appel à un professionnel du conseil financier (17 %), préférant des sources plus proches. Les épargnants préfèrent en effet se fier à leurs propres réflexions et à leurs propres idées (41 %). Ils s’en remettent, pour un quart d’entre eux, aux conseils de leurs amis et de leurs proches, pour plus d’un cinquième à Internet, et ils sont un sur cinq à se tourner vers la presse spécialisée dans les finances personnelles. Autre constat inquiétant : les Européens consacrent plus de temps à la préparation de leurs vacances (38 %) qu’à la gestion de leur épargne et de leurs investissements (28 %).

Compte tenu de ces comportements vis à vis des préoccupations financières, il ne faut pas s’étonner du fait que bon nombre d’Européens s’inquiètent de ne pas pouvoir subvenir à leurs principaux besoins à la retraite. Pourtant, avec l’allongement de l’espérance de vie, qui oblige les gens à financer leur retraite plus longtemps, les investisseurs devraient tirer parti de cette longévité et essayer de faire fructifier davantage leurs actifs sur une période plus longue, ce qu’un professionnel du conseil financier peut les aider à faire.

Les jeunes générations devraient s’inspirer de la sagesse des aînés (les retraités actuels), qui, bénéficiant d’un certain recul, ont formulé ces quelques conseils à l’occasion de l’enquête : il faut penser à sa situation financière sur le long terme, et il faut commencer à épargner le plus possible et le plus tôt possible.