Quand les Etats-Unis inspirent iM Global Partner

La société décline en France la stratégie d’allocation d’actifs d’un ancien de Merrill Lynch
(Adobestock)

Un nouveau look et un nouveau venu. Après avoir été rebaptisée «iMGP Funds» début janvier, la gamme de fonds de la société de gestion iM Global Partner (iMGP) s’enrichit de deux nouveaux produits. Tous deux sont lancés avec son partenaire américain Richard Bernstein Advisors (RBA), un spécialiste de l’allocation d’actifs dans lequel iMGP a pris une participation minoritaire en juin 2021.

Version européenne d’une stratégie américaine

Les deux fonds, iMGP Global Risk-Balanced  et iMGP Responsible Global Moderate, sont la déclinaison européenne de la stratégie historique de RBA. Derrière cet acronyme se cache la société du gourou de la finance Richard Bernstein. Cet expert des marchés financiers est l’ancien directeur de la stratégie d’investissement de Merrill Lynch qu’il a quitté en 2009 pour monter son propre cabinet. Il y développera sa stratégie historique, RBA Global Risk-Balanced Moderate ETF Strategy, lancée en 2010 et qui mise exclusivement sur la gestion passive. RBA analyse plus de 1.000 ETF et en sélectionne entre 5 et 30 pour intégrer son portefeuille. Le tout avec une répartition équilibrée, entre 50% d’exposition aux actions et 50% aux taux. Le pari de la gestion passive semble réussi puisqu’à fin 2021, la stratégie comptabilisait 15 milliards d’euros d’encours. Surtout, depuis son lancement, elle affiche un rendement de 147% (9,5% en 2021)

C’est ce modèle historique que le français iM Global Partner compte importer en Europe en format Ucits. iMGP Global Risk-Balanced ambitionne de séduire une clientèle retail, en recherche de risque mesuré et surtout diversifié. Avec une vingtaine d’ETF en portefeuille, ils peuvent s’attendre à une répartition importante de leurs investissements. «RBA fait uniquement de l’allocation d’actifs, ils ne sélectionnent aucune société, appuie Philippe Uzan, directeur général adjoint d’iMGP et directeur global des gestions. Ils analysent les cycles des profits pour sélectionner les ETF qui intégreront leur portefeuille. Leur approche multi-classe d’actifs leur permet d’investir dans n’importe quel marché, secteur, zone géographique et ce pour la durée de leur choix.» En ce moment, l’équipe de gestion se veut d’ailleurs sous-pondérée sur la tech. Richard Bernstein a récemment fait connaitre sa position contre le bitcoin, qualifiant les cryptomonnaies de «bulle monstrueuse», la «plus grosse de toute l’histoire financière».

Déclinaison verte

Si évidemment les performances passées ne présagent pas des futures, l’historique de RBA pèse en faveur du nouveau fonds d’iMGP puisqu’il s’agit de la même stratégie. «Il y aura très peu de différences entre le fonds américain et l’européen, assure Philippe Uzan. Nous voulons amener à nos investisseurs du vieux Continent la version compatible d’une stratégie US existante, afin de cibler le même niveau de performance». Pour l’instant, iMGP Global Risk-Balanced est à retrouver en compte-titre et sera éligible à l’assurance vie (des discussions avec deux ou trois assureurs sont en cours). Sa commercialisation en Europe commence en même temps que celle d’iMGP Responsible Global Moderate.

Ce second fonds est la déclinaison verte de la même stratégie de RBA, à ceci près qu’au moins 75% de ses ETF doivent être classés Article 8 ou 9 selon le règlement Sustainable finance disclosure regulation (SFDR). Par défaut, il est donc lui-même classé Article 8. Cette version est plus récente : elle n’a été lancée qu’en 2021 outre Atlantique. «L’offre en ETF ESG est plus étoffée en Europe qu’aux Etats-Unis où la réglementation SFDR n’a pas encore d’équivalent», reconnaît Philippe Uzan. Sa répartition stratégique est elle aussi équilibrée entre 50% d’obligations et 50% d’actions.

Fiche technique du fonds

- Code ISIN : Part C USD LU2404663333
- Frais d’entrée : 3 % maximum
- Frais de gestion : 1,50 % maximum 
- TER estimé : 1.89 %
- Numérotion SRI : 5 sur 7