Assurance vie

Primonial réconcilie CGP et robo-advisor

Primonial lance sa plate-forme Link sur laquelle figure le contrat digital Link Vie assorti d’un robo-advisor
Cette offre est réservée aux clients des CGP qui devront être parrainés par un professionnel pour s’y inscrire
FJ, Stéphane Vidal, directeur général, Primonial

Les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) ne laisseront pas passer le train de la digitalisation et des robo-advisors. Alors que ces derniers ont plutôt été créés, à l’origine, pour capter une clientèle en direct – et se passer ainsi d’intermédiaires –, Primonial vient, au contraire, de concevoir une offre dédiée aux clients des CGP.

La société a lancé sa plate-forme Link, et son contrat Link Vie, sur laquelle un souscripteur devra, pour s’inscrire, obligatoirement avoir été parrainé par un conseiller, que celui-ci fasse partie du groupe Primonial ou soit indépendant. « La souscription du contrat se fera sans intervention directe du conseiller mais laissera celui-ci au centre de la relation avec son client », déclare Stéphane Vidal, directeur général de Primonial.

Primonial, Oradea, Lyxor et son Robot.

Pour élaborer sa nouvelle offre, Primonial a fait appel à Oradéa Vie, la compagnie d’assurance vie du groupe Société Générale dédiée aux partenaires. Hormis une offre sécuritaire composée à 100 % de fonds en euros – qui est délibérément peu mise en avant par Primonial –, le contrat propose des unités de compte exclusivement composées d’ETF gérés par Lyxor et dont l’allocation sera élaborée par ce même gestionnaire. Quatre profils différents ont ainsi été créés, correspondant au profil de risque des clients.

Pour déterminer la composition de chacun des profils, Lyxor utilise un robot (un algorithme propriétaire) qui, à partir d’un univers donnant accès à plus de 200 marchés différents, effectue son allocation en diversifiant le portefeuille (en utilisant le concept de budgets de risques) et en profitant des tendances sur les différents marchés. Chaque profil sera finalement constitué d’une cinquantaine d’ETF dont la nature et la pondération seront revues mensuellement. « Ces dernières années, les marchés ont changé, explique Lionel Paquin, directeur général de Lyxor, devenant de plus en plus imprévisibles. Il faut donc diversifier les portefeuilles et aller chercher la performance là où elle se trouve. Or, les robots, alliés aux ETF, permettent justement d’optimiser cette diversification et de gérer les changements de régime des marchés sans états d’âme. »

Nouveaux débouchés.

Ce contrat n’est pas sans rappeler ceux proposés par d’autres robo-advisors, comme Yomoni ou Wesave. D’ailleurs, pour ses frais, Primonial s’est aligné sur la concurrence avec 0,6 % de frais sur les unités de compte auxquels s’ajoutent 0,7 % de frais pour le mandat de gestion. Mais le modèle de Primonial se révèle tout de même différent. Car si Wesave propose à ses clients d’utiliser les services d’un CGP, Primonial fait de ces derniers les promoteurs exclusifs du service. « Nous n’irons pas chercher de clients en direct », explique Stéphane Vidal.

Evidemment, le conseiller sera rémunéré pour l’apport et le suivi de son client à hauteur de 0,5 % des encours. Primonial veut donc permettre aux CGP de ne pas s’éloigner de clients jeunes et désireux de passer par internet pour gérer leurs avoirs, mais aussi de viser une clientèle avec des patrimoines encore modestes car le contrat est accessible dès 1.000 euros ou 100 euros par mois dans le cas de versements programmés.