Marché de l'art

Pourquoi le temps est venu de redevenir acheteur...

En pleine crise immobilière et financière, beaucoup de professionnels de la gestion de patrimoine s’interrogent sur l’opportunité d’investir dans l’art. La donne ayant radicalement changé, il paraît désormais judicieux de leur donner raison.

Par Fabien Bouglé, consultant en gestion de patrimoines artistiques, Saint-Eloy Art Consulting  Depuis un an, le marché de l’art a assisté à un retournement spectaculaire. En effet, jusqu’en juin 2008, alors que la crise commençait à pointer, le marché semblait inexorablement protégé et les prix continuaient à s’envoler comme si de rien n’était. Ainsi, les ventes traditionnelles impressionnistes, modernes et contemporaines de juin à Londres se déroulèrent parfaitement.

C’est dans ce contexte que celles, pouls du marché de l’art international, de New York de début novembre, se sont préparées. Les maisons de ventes maintenaient alors des prix et des estimations élevés.

Des prix réajustés.

Entre-temps, la crise est devenue beaucoup plus grave et sévère. Le résultat a été catastrophique avec beaucoup d’invendus et des prix en deçà des estimations basses. La crise touche également le marché de l’art.

Les maisons de ventes aux enchères, fortes de l’expérience de la crise du début des années 90, ont immédiatement réagi en réajustant de manière drastique les estimations et le prix de réserve. Le résultat ne s’est pas fait attendre : le marché est devenu très sélectif avec une baisse de presque 50 % du nombre de lots à vendre et les prix ont été nettement revus - de pratiquement 50 % dans l’art contemporain, de 20 % à 30 % dans l’art impressionniste, et plus légèrement dans l’art ancien.

Ainsi, très rapidement, le marché de l’art est devenu plus attractif pour les acheteurs avec des prix qui redeviennent raisonnables et que l’on n’a pas vus depuis de nombreuses années.

Un effet devise non négligeable.

Pour les personnes disposant d’euros, le phénomène s’est doublé d’un effet de change très profitable. Avec un dollar à 1,30 euro et une livre sterling à 1,10 euro, les Européens ont vu leur capacité d’achat augmenter considérablement. En effet, grâce à l’effet de la baisse des prix de réserve cumulé avec l’effet de change euro/livre sterling, le prix payé par un amateur d’Europe continentale est parfois divisé par deux en un an.

Il n’est pas étonnant que les ventes de Londres de février dernier aient attiré de nouveaux acheteurs, comme le soulignent les maisons de ventes anglo-saxonnes. D’ailleurs, ces ventes ont eu un réel succès avec peu d’invendus dans des gammes de prix raisonnables. Le phénomène est tel que la presse anglaise s’est récemment posé la question de savoir si la France n’allait pas redevenir un acteur important du marché de l’art mondial.

Un attrait renforcé.

Dans l'Hexagone, la question semble être de plus en plus à l’ordre du jour. Alors que la demande était depuis quelques années assez faible, les Français profitant de vendre à bon prix leur patrimoine artistique et les personnes disposant d’argent commencent sérieusement à s’interroger sur l’achat d’œuvres d’art dans le cadre de la diversification de leur patrimoine.

Il ne s’agit pas évidement de tout investir en œuvres d’art, mais dans un contexte d’incertitude et de risque de forte inflation, la tentation est forte de matérialiser l’argent liquide. En effet, posséder une œuvre d’art permet habilement de conjuguer plaisir esthétique, protection financière et avantages fiscaux (exonération intégrale de l’ISF). Avec des prix qui redeviennent attractifs, profiter de cette fenêtre pour acquérir à bon compte des œuvres de qualité semble pertinent.

Une sélection rigoureuse.

Dès lors, nous croyons réellement que nous sommes actuellement dans une période intéressante pour acquérir des œuvres d’art. Evidemment, il ne faut pas réagir à l’aveugle. Il convient de réaliser un tel achat en respectant les six critères de raison : une œuvre d’art qui plaît, authentique et d’un artiste de renom, avec un pedigree de qualité, un état irréprochable et un prix acceptable. Avec ces principes de prudence, un acheteur fera toujours un bon investissement sur le long terme.