NextStage AM réemploie les plus-values de cession des entrepreneurs

Aroun Benhaddou
La société de gestion a levé près de 20 millions d’euros par le biais de son véhicule FPCI NextStage Capital Entrepreneur.

C’est un marché de niche mais NextStage AM est bel et bien décidé à y creuser son trou. Les fonds de remploi de cession, conçus pour tirer parti de l’article 150-0 B-Ter du code général des impôts (CGI), sont devenus un nouvel axe de diversification pour la société de gestion dirigée par Grégoire Sentilhes et Jean-David Haas. « En 2011, lorsque nous avions réalisé nos premières cessions, beaucoup d’entrepreneurs sortants partaient à l’étranger pour des raisons fiscales, se remémore Jean-David Haas. La situation était dramatique, mais nous nous sommes dit qu’il était possible de les garder en arrivant à optimiser leur plus-value de cession dans le remploi, à l’époque sous le dispositif de l’article 150-0 D bis. »

Le gérant n’avait pas cependant réussi à fédérer massivement. Le régime fiscal de l’apport-cession a été modifié depuis par la loi de finances de 2019, rendant l’attrait du dispositif plus convaincant. « Depuis un an, il y a une lueur d’espoir. Nous constatons un intérêt croissant pour le dispositif », souligne le dirigeant.

Dans le cadre de la levée du FPCI NextStage Capital Entrepreneur, lancé début 2020, la société de gestion est parvenue à s’attirer les faveurs de plus de 70 entrepreneurs et familles pour un montant total de 20 millions d’euros. D’ici la fin de l’année, elle espère atteindre la barre symbolique des 100 investisseurs particuliers et ainsi repartir sur la route pour un nouveau millésime. Le fonds compte à ce jour six participations, dont l’éditeur de logiciels Inova et le leader tricolore des études sectorielles Xerfi. Des investissements réalisés conjointement au FPCI NextStage Championnes III, qui s’adresse pour sa part aux investisseurs institutionnels. Ce dernier a notamment obtenu le soutien d’Ardian, d’Axa, de Bpifrance, d’Amundi AM, du Crédit Agricole Ile-de-France, d’AG2R La Mondiale et de la Caisse d’Epargne Cote d’Azur. Il a jusqu’alors levé près de 80 millions d’euros et devrait, en cumulant son enveloppe avec le véhicule dédié aux entrepreneurs, atteindre 120 à 150 millions d’euros à terme.

Depuis 2019, plusieurs initiatives ont éclos pour tenter de répondre à l’enjeu d’optimisation des plus-values de cession des dirigeants. Le premier fonds de remploi a été lancé par Idinvest Partners. Fin février, le FCPR Idinvest Entrepreneurs Club avait investi dans une petite dizaine d’entreprises pour un montant de 24 millions d’euros.